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Département fédéral de la défense,
de la protection de la population et des sports

«Il faudrait juger les hooligans sur place, dans les stades»

De retour de la course d'école avec le gouvernement, le conseiller fédéral a confié au «Matin Dimanche» ses premières impressions sur les questions de la sécurité dans les stades, d'Atalante, ainsi que sur l'entente au sein du Conseil fédéral.

05.07.2009 | Le Matin Dimanche

Interview : Philippe Miauton

De retour de la course d'école avec le gouvernement, le conseiller fédéral a confié au «Matin Dimanche» ses premières impressions sur les questions de la sécurité dans les stades, d'Atalante, ainsi que sur l'entente au sein du Conseil fédéral.

 

Que retiendrez-vous de votre première course d'école?

Ueli Maurer: Nous avons trop mangé! Plus sérieusement, elle était plutôt instructive.

Cette activité gouvernementale a-t-elle encore un sens?

Nous ne nous voyons que trois à quatre heures par semaine. Avec cette sortie, nous avons enfin l'occasion de discuter d'autres choses. Nous travaillons jour et nuit, nous pouvons donc nous offrir cette pause.

Après six mois, comment vous sentez-vous dans votre costume de ministre?

Toujours aussi bien. Mais mes contacts avec ma famille ont été réduits, bien que la situation ne soit pas si différente d'avant mon élection.

Les réformes pour lutter contre la violence dans les stades sont lentes. Quelles mesures, déployées à l'étranger, pourraient être appliquées en Suisse?

Les caméras de surveillance, même si cela porte atteinte à la protection de la personnalité, restent un bon moyen de surveillance et de recherche. On peut repérer les fauteurs de troubles. Ensuite, avec les images publiées sur l'internet, il est facile de retrouver les délinquants. Cette procédure relève cependant des polices cantonales. Il devrait aussi être possible de juger directement les hooligans dans les stades. Cette méthode bien que coûteuse aurait un effet certain.

La sécurité n'est-elle pas une question nationale?

Le Politique a répondu par la négative en rejetant l'idée d'un grand Département de la sécurité.

Concernant Atalante, quelles issues pressentez-vous?

J'ai le sentiment qu'une majorité se dégage en faveur de cet engagement, même si le résultat s'annonce serré au Conseil national. Il faut noter que cette intervention, si elle est acceptée, ne concernerait que la protection des navires du Programme alimentaire mondial. Cette mission restreinte ne représente qu'un ou deux pour-cent des bateaux qui empruntent cette voie.

Comme UDC, vous pouvez donc vivre avec un tel engagement.

La question n'est pas là.

A l'avenir, comment envisagez-vous les engagements de la Suisse à l'étranger?

Un retrait des troupes se dessine au Kosovo. Aujourd'hui, une moitié de la population souhaite que la Suisse intervienne à l'étranger, l'autre non. Il s'agit de définir où l'armée suisse peut apporter une aide? Et avec quels moyens? De manière générale, je dirais que nous devons nous engager dans des missions humanitaires pour rester en phase avec notre tradition.

Le DRA-10 sera-t-il dissous si les parlementaires refusent Atalante?

Ce sera au parlement de le décider. Il serait peut-être plus profitable d'envoyer des miliciens remplir d'autres missions durant trois mois plutôt que quinze professionnels durant une année. Cela fait peu de sens d'envoyer des soldats professionnels, bloqués sur un bateau, que l'on ne pourra utiliser pour d'autres missions. La troupe du DRA-10 possède certes un niveau reconnu au niveau international. Toutefois, en Suisse, la tendance est à l'excès. Nous avons trop de troupes spéciales avec celles au sein de l'armée, de la police militaire et des polices cantonales.

Le budget du DDPS est réduit. Est-il possible d'économiser plus?

Je compte éplucher tous les coûts durant les trois prochaines années. Le potentiel d'économie au sein de l'armée existe. Le rapport de sécurité doit déterminer quels objectifs nous voulons poursuive. Ces objectifs impliqueront certains frais. Il me semble très dangereux de retirer plus de fonds à l'armée. Nous ne sommes pas loin d'arriver au stade où nous allons compromettre les missions de l'armée, alors que la tendance montre qu'elle coûtera toujours plus chère. Ma revendication minimale, auprès de Hans-Rudolf Merz: que le DDPS soit épargné de tout nouveau programme d'économie.

Est-il raisonnable de vouloir acquérir de nouveaux avions?

Ils sont essentiels. On oublie qu'il existe un trafic aérien à surveiller 24 h sur 24. Les coûts d'achat et d'entretien de tels appareils sont importants, raison pour laquelle nous évaluons les modèles selon leur complexité. Le nombre d'avions à acheter n'est pas encore arrêté. Enfin, une telle acquisition possède un fort potentiel de création de postes de travail.

Vous voyez à long terme, excluez-vous de changer de département?

J'aimerai bien accompagner les réformes que j'ai entreprises sur quelques années.

Quelques années...

Je peux garantir qu'avant 2011, je ne quitterai pas le DDPS.

Comment jugez-vous le fonctionnement du gouvernement?

Étonnement bien, compte tenu des différentes personnalités. Dans le processus de décision, il existe toutefois une certaine inertie. Un examen des processus de décisions devrait être régulièrement entrepris par le Conseil fédéral.

Militez-vous pour une réforme?

L'attente serait trop grande.

Vous êtes-vous bien entendu avec Pascal Couchepin?

Nous nous sommes tout d'un coup aperçus que nous avions des points communs, notamment dans les goûts culturels.

Malgré le fait qu'elle ait été exclue de votre parti, Eveline Widmer-Schlumpf ne reste-t-elle pas votre plus forte alliée au sein du collège?

Ce n'est pas aussi évident. Les frontières entre partis ne sont pas aussi claires au Conseil fédéral. De l'extérieur on ne voit pas forcément tous les dossiers qui ne sont pas traités et ce ne sont pas toujours les visions bourgeoises qui l'emportent.

Faut-il un Romand pour remplacer Pascal Couchepin?

Pour le Conseil fédéral pas forcément, mais pour l'unité du pays oui. Le gouvernement fonctionnerait tout aussi bien avec sept Tessinois. Il faut cependant veiller à un mélange de culture.

Le peuple doit-il élire le Conseil fédéral?

Pour la démocratie directe et la souveraineté des citoyens, cette solution présente de multiples avantages. De plus, cette méthode serait réalisable. Cela apporterait-il des changements? Je n'en suis pas si sûr.

 

Pour des questions concernant cette page: Communication DDPS

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