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Département fédéral de la défense,
de la protection de la population et des sports
Gripen

Acquisition Gripen

 

 

Besoin

 

Pourquoi la Suisse a-t-elle besoin d’avions de combat ?

Les avions de combat font partie des moyens les plus importants de l’armée. Ils sont utilisés chaque jour pour assurer le contrôle de l’espace aérien suisse. Ils exercent le service de police aérienne, dans lequel il s’agit de venir en aide à des aéronefs civils en proie à des difficultés de navigation et des pannes radio, de contrôler des aéronefs d’autres Etats ainsi que d’intercepter ceux pénétrant notre espace aérien sans autorisation ou s’écartant sans raison valable de leur plan de vol. En cas de danger d’attaque aérienne contre la Suisse, les avions de combat sont alors chargés de la défense aérienne. En cas de menace grave, les Forces aériennes doivent pouvoir maintenir quatre avions de combat ou davantage en vol en permanence afin d’empêcher l’intrusion d’objets volants ennemis dans l’espace aérien suisse. En outre, les Forces aériennes ont aussi pour mission de mener la reconnaissance aérienne avec des avions de combat et, en cas d’agression militaire, d’appuyer les Forces terrestres en combattant des buts terrestres (attaque au sol).

Il est prouvé que les Forces aériennes sont aujourd’hui encore plus importantes que par le passé : des attaques terroristes peuvent être menées depuis les airs (cas extrême : les attentats du 11 septembre), et tant au Kosovo qu’en Libye, les engagements aériens se sont souvent avérés décisifs pour la conduite de la guerre. Le nombre d’attaques aériennes va croissant, et un pays sans armée de l’air est un pays sans protection contre ces attaques.

 

Pourquoi faut-il retirer les Tiger du service ?

Les F-5 Tiger acquis entre la fin des années 70 et le début des années 80 ne sont plus en mesure de remplir les missions dévolues aux Forces aériennes, de nuit ou par mauvais temps. Ils sont dotés d’un radar vétuste et peu performant, et sont dans l’incapacité d’engager des engins guidés. Déjà à l’époque de leur acquisition, les F-5 ne comptaient pas parmi les avions de combat les plus performants. Quelque 30 ans plus tard, ils ne sont quasiment plus en mesure de fournir une contribution à la protection de la Suisse.

 

Quelles seraient précisément les conséquences pour la sécurité de la Suisse en cas de non-acquisition du Gripen ?

En cas de non-acquisition du Gripen, la Suisse ne serait alors plus en mesure ni de contrôler de près ni de protéger son espace aérien pendant plus de deux semaines et demie consécutives si la menace est persistante. En outre, elle devrait accepter de faire durablement une croix sur ses capacités de reconnaissance aérienne (avec des avions de combat) et d’engagements air-sol. En fin de compte, la Suisse devrait aussi renoncer à la technologie radar la plus moderne.

 

Si la loi sur le fonds Gripen est rejetée en votation, le DDPS procédera-t-il quand même ces prochains temps à l’acquisition d’avions de combat par la voie du budget ordinaire, sans possibilité de référendum ?

Du point de vue financier, des acquisitions de cette ampleur sont possibles par la voie ordinaire, sans fonds, sans possibilité de référendum et sans votation populaire. Le DDPS est cependant d’avis qu’il ne serait pas acceptable d’acquérir des avions de combat peu de temps après une décision négative du peuple. Dans le message au sujet de la votation, il est clairement dit que les avions ne seront pas achetés si la loi sur le fonds Gripen est refusée. Le DDPS est convaincu que l’acquisition de 22 Gripen est nécessaire pour la sécurité de la Suisse et de sa population, mais il s’en tiendra dans tous les cas strictement à la décision prise démocratiquement.

 

Pourquoi 32 F/A-18 ne suffisent-ils pas ?

Les 32 F/A-18 suffisent pour remplir les tâches de police aérienne dans la situation actuelle (situation normale, sans restriction du trafic aérien). La renonciation aux 22 Gripen aurait cependant des conséquences sur la capacité à durer des Forces aériennes dans les domaines du service de police aérienne et de la défense aérienne (déclaration du chef du DDPS du 15.08.2010). En cas de menace concrète (situation extraordinaire avec restriction du trafic aérien), le contrôle et la protection de l’espace aérien suisse requièrent une présence permanente d’avions de combat en vol. En général, quatre appareils surveillent alors l’espace aérien. Avec les seuls 32 F/A-18, les Forces aériennes peuvent tenir deux semaines et demie ; avec 32 F/A-18 et 22 Gripen, elles peuvent le faire durant 5 semaines. Par ailleurs, la flotte des F/A-18 ne suffit pas non plus à rétablir des capacités minimales dans les domaines de la reconnaissance aérienne et du combat air-sol.

 

Combien de temps les F/A -18 vont-ils encore voler ?

Les F/A-18C/D peuvent encore être engagés au moins jusqu’en 2030.

 

A-t-on encore besoin d’avions de combat, s’il n’existe pratiquement aucune menace militaire conventionnelle ?

Les avions de combat ne sont pas seulement nécessaires pour la défense contre une menace militaire, mais aussi pour assurer un contrôle approfondi et complet de l’espace aérien, par exemple en cas de menace persistante exercée par des terroristes qui pourraient aussi engager des avions ou des hélicoptères. Nul ne peut exclure une menace aérienne au cours des 25 à 30 prochaines années.

 

Pourquoi est-il nécessaire de reconstituer des capacités air-sol ?

Pour assurer la défense contre une attaque militaire, les Forces aériennes doivent appuyer les Forces terrestres en combattant des cibles terrestres. Il faut mettre en place de telles capacités en temps de paix pour qu’elles soient disponibles en cas de guerre. Les Forces aériennes doivent donc acquérir à nouveau la capacité de base en matière d’engagements air-sol. Le nombre d’avions à acquérir n’est toutefois pas un facteur déterminant pour cette reconstitution.

 

Pourquoi ne suffit-il pas d’être prêt au décollage en cas de menace concrète ?

Un avion à réaction survole la Suisse du nord au sud en moins de 15 minutes. Le temps à disposition ne suffit donc pas pour qu’un avion de combat intervienne, quand bien même il décollerait sur alarme. Une raison supplémentaire milite en faveur d’une permanence en vol, à savoir que, grâce à son radar de bord, un avion de combat moderne est en mesure de repérer des avions évoluant à basse altitude dans les vallées. Les radars basés au sol ne peuvent pas s’acquitter efficacement d’une telle tâche.

 

Ne pourrions-nous pas coopérer avec les Etats voisins ?

La Suisse collabore avec les Etats voisins, notamment en échangeant des données sur la situation aérienne ainsi que pour identifier et poursuivre des aéronefs suspects ou peu coopératifs. Mais dès qu’il s’agit de service de police aérienne et de défense aérienne (comme d’ailleurs de reconnaissance et d’engagements air-sol), la souveraineté est en jeu et presque tous les Etats, même au sein d’une alliance, assument alors eux-mêmes ces tâches. En surveillant et en protégeant son propre espace aérien, la Suisse prend ses responsabilités – solidairement avec l’Europe.

 

Choix du type d’appareil

 

Pourquoi faut-il acquérir le Gripen ?

Tous les trois appareils évalués satisfont aux exigences militaires posées. Le Gripen est de loin le plus avantageux en ce qui concerne l’achat et l’exploitation. Son acquisition permet donc de doter également les autres éléments de l’armée d’un équipement et d’un armement complets et modernes. En ce sens, la décision en faveur du Gripen indique la voie à suivre. Acquérir le système technologiquement le plus évolué sans se soucier des coûts est une option qui ne saurait être prise en considération.

 

Dans le choix du type d’appareil, n’a-t-on pas uniquement tenu compte des coûts ?

Les coûts ont joué un grand rôle dans le choix du type d’appareil. Mais il n’y a pas qu’eux qui ont été déterminants. L’avion choisi doit fournir les prestations dont les Forces aériennes ont absolument besoin pour remplir leurs tâches. C’est le cas pour le Gripen E. Une offre insatisfaisante sur le plan technique ne serait pas entrée en ligne de compte, quel que soit le prix. Ce dernier a toutefois été un critère de poids en plus des exigences militaires auxquelles il fallait obéir. La raison coule de source : l’armée fait l’objet de fortes pressions financières et il faut éviter que l’ensemble du système soit fortement déséquilibré à long terme en raison de coûts trop élevés pour le remplacement partiel du Tiger. Aussi importantes qu’elles soient pour la sécurité de notre pays, les Forces aériennes ne restent qu’une composante de l’armée. D’autres composantes de l’armée ont également des besoins qui ne doivent pas être ignorés ou systématiquement reportés aux calendes grecques.

 

Que règle la loi sur le fonds Gripen ?

La loi sur le fonds Gripen règle le financement des 22 avions de combat. Celle-ci prévoit que l’armée prélève chaque année, entre 2014 et 2024, en moyenne près de 300 millions de francs sur son budget annuel global pour les verser dans un fonds de financement des jets. L’armée n’obtient donc pas 3,126 milliards de francs supplémentaires des finances fédérales : elle finance l’acquisition des 22 jets sur son budget ordinaire.

 

Combien coûtent les 22 Gripen, coûts d’exploitation compris ?

L'acquisition de 22 Gripen – missiles, simulateur et autres équipements nécessaires à leur exploitation inclus – coûte 3,126 milliards de francs. L'acquisition sera financée de 2014 à 2024 à raison d'environ 300 millions de francs par an. Cela représente un demi-pourcent des dépenses fédérales ou quelque 40 franc per capita. L'exploitation des appareils coûte environ 100 millions de francs par année. Ces coûts sont pris en compte dans le plan de financement de l'armée. L'acquisition et l'exploitation coûtent donc, pour une durée d'engagement de 30 ans, quelque 6 milliards de francs.
Dans le cas des avions de combat, il est normal qu’au long de leur durée d'engagement d'environ 30 ans il vienne s'ajouter des frais d'amélioration de leur valeur combative, mais pas au cours des premières années. Ce fut le cas pour le F/A-18 ; cela pourra aussi l'être pour le Gripen E. Toutefois, ces dépenses devront obtenir l'aval du Conseil fédéral et du Parlement, le cas échéant.

 

Quand les Gripen seront-ils livrés à la Suisse ?

Les premiers Gripen devraient être livrés à la Suisse en novembre 2018. Les 11 premiers appareils devraient être livrés d’ici la fin 2019 et les 11 restants d’ici à 2021.

 

Le Gripen E est-il un « avion de papier » ?

Tous les avions de combat connaissent un développement continu. Il en a été ainsi également pour le F/A-18 et ses versions A/B, C/D et E/F (la première lettre désignant la version monoplace, et la seconde, celle biplace). Les avions de combat dont le développement n’est pas poursuivi vieillissent rapidement. Le Gripen E constitue une étape de développement du Gripen C, lequel est engagé au sein de cinq armées de l’air, à savoir en Afrique du Sud, Hongrie, République tchèque, Suède et Thaïlande. Il ne s’agit pas d’un aéronef de conception entièrement nouvelle, bien que des éléments importants de cette étape de développement, tels que le réacteur, le radar, les ailes, le train d’atterrissage, la taille des réservoirs et le nombre de points d’emport d’armes seront améliorés. La plupart des éléments qui seront nouveaux pour le Gripen E ont entre-temps été installés sur sa version « Demonstrator » et testés depuis. Une ancienne version est rapidement dépassée. Si l’on veut exploiter un avion sur 30 ans, on doit acquérir la technologie la plus moderne possible.

 

La Suisse doit-elle prendre part au développement du Gripen E ?

L’offre du gouvernement suédois pour 22 Gripen E inclut tous les frais, dépenses de développement jusqu’à la livraison des avions comprises. Les mises à niveau ultérieures, d’usage pour tout avion de combat, seraient facturées séparément. La Suisse ne prend toutefois aucun engagement concernant sa participation à des développements ultérieurs ; notre pays pourra se décider en fonction des besoins des Forces aériennes suisses.

 

Pourquoi le Conseil fédéral opte-t-il pour une solution transitoire avec la location de 11 Gripen?

Les Tiger toujours en service ne remplissent plus les exigences minimales des Forces aériennes et ils génèrent de fait des coûts considérables. Le Conseil fédéral envisage donc de mettre l’ensemble de la flotte de F-5 Tiger hors service dès que possible. Jusqu’à la livraison complète des 22 Gripen E, il est prévu de louer des Gripen C/D aux Forces aériennes suédoises entre le deuxième semestre de 2016 et la mi-2021. La location comprend 8 Gripen C (monoplaces) et 3 Gripen D (biplaces). L'instruction du personnel (pilotes, techniciens et spécialistes), d'une durée d'une année environ, débutera en 2015.
La location coûte 44 millions de francs par année sur une période de 5 ans, paquet logistique inclus. A cette somme viennent s'ajouter les coûts d'exploitation (p. ex. carburant). Toutefois, environ 70 % de ces coûts seront compensés par la mise hors service des Tiger. En outre, ces 11 Gripen de location fourniront une contribution beaucoup plus importante à la sécurité de la Suisse que nos 54 Tiger actuels. Simultanément, la location permet une instruction qui facilitera l'introduction du Gripen E. La solution transitoire a été présentée à l'Assemblée fédérale dans le cadre du budget 2014 et elle a été adoptée ; les contre-propositions ont été rejetées.

 

Quel intérêt économique la Suisse retire-t-elle de l’acquisition des 22 avions de combat Gripen ?

En contrepartie de l’achat des avions, Saab et les fournisseurs des engins guidés s’engagent contractuellement à conclure des affaires compensatoires avec des entreprises suisses jusqu’à hauteur de 2,5 milliards de francs sur 10 ans. Ces contrats seront répartis à raison de 65 % pour la Suisse alémanique, 30 % pour la Suisse romande et 5 % pour le Tessin. La préparation et le déroulement de la conclusion de ces affaires compensatoires s’effectuent en étroite collaboration entre armasuisse, Saab et l’industrie suisse des machines, de l’électricité et de la métallurgie. L’obtention de contrats d’affaires compensatoires est soumise à appel d’offres concurrentielles auprès des entreprises suisses.

 

Dans quelle mesure des contrats d’affaires compensatoires ont-ils déjà été conclus ?

Jusqu’ici, des contrats d’affaires à hauteur de 400 millions de francs ont déjà été conclus, dont environ 250 millions de francs ont été examinés et reconnus par armasuisse jusqu’ici. La plupart de ces contrats conserveront leur validité même si le contrat de vente des 22 Gripen E venait au final à ne pas être signé.

 

Pourquoi acquérons-nous les Gripen par l’entremise du gouvernement suédois ?

Les parties contractantes sont la Suisse et la Suède. Cette dernière commande les avions à Saab, en l’occurrence 60 appareils pour ses propres besoins et 22 pour la Suisse. Cela comporte deux avantages majeurs. En premier lieu, c’est l’Etat suédois qui garantit que l’aéronef sera livré à la Suisse avec les performances, dans les délais et au prix convenus. En second lieu : en passant par l’Etat suédois, la Suisse bénéficie de meilleures conditions que si elle avait passé elle-même commande du même nombre d’avions directement auprès de Saab (un équipement de guerre électronique nettement meilleur ainsi que la possibilité d’acquérir les engins guidés Meteor). La Suisse pourra prendre elle-même livraison de ses avions, en l’occurrence contrôler que les spécifications techniques et les performances requises sont atteintes.

 

Que se passerait-il si l’avion n’était pas livré dans les délais ou n’offrait pas les performances promises ?

D’abord, Saab devrait en répondre vis-à-vis de la Suède et de la Suisse. Dans un premier temps, Saab devrait s’acquitter de pénalités contractuelles (versement d’indemnités de retard à la Suède et à la Suisse). Ensuite, l’Etat suédois devrait en répondre vis-à-vis de la Suisse : la Suède a garanti par écrit que les avions seraient livrés au prix et dans les délais convenus et qu’ils afficheraient les performances convenues. Si cela ne devait pas être le cas, au bout d’une année, la Suisse aurait la possibilité de dénoncer le contrat et de se désengager des avions pas encore livrés. Comme il est prévu que la Suisse réceptionne les trois premiers avions vers la fin 2018, elle pourra vérifier si les performances répondent à ce qui a été convenu. Un retrait de l’ensemble de l’affaire serait donc absolument possible. Les trois premiers avions ne seront payés qu’une fois qu’ils auront été remis. Pour les autres appareils (huit en 2019, huit en 2020 et trois en 2021), il a été convenu que le paiement complet n’interviendrait que si le nombre d’avions commandés est bien livré à l’échéance prévue et que les appareils satisfont aux spécifications (performances) convenues. Si cela ne devait pas être le cas, une retenue de paiement serait appliquée sur chaque avion jusqu’à ce qu’il soit livré et qu’il réponde aux spécifications convenues. En outre, 4 % du montant total, soit 100 millions de francs, seraient retenus jusqu’en 2024.

 

Quelles sont les expériences faites avec le Gripen par l’Afrique du Sud, la Hongrie, la République tchèque et la Thaïlande ?

La Suisse a procédé à une évaluation autonome des trois avions. On peut toutefois noter que les Etats qui exploitent actuellement le Gripen dans sa version C/D sont satisfaits de cet appareil. La Hongrie et la République tchèque, qui n’ont pas acheté, mais conclu un leasing pour leurs Gripen, ont prolongé leurs contrats. L’Afrique du Sud et la Thaïlande viennent tout juste de recevoir leurs Gripen.

 

Le leasing constituerait-il une option ?

Comme l’exploitation de ces avions est planifiée sur 30 ans, le leasing ne présente économiquement aucun intérêt comparé à l’achat.

 

La société Saab existera-t-elle encore dans 30 ans et produira-t-elle encore des avions ?

Le gouvernement suédois garantit le soutien du Gripen, c’est-à-dire son perfectionnement et le support technique, jusqu’en 2040 au moins. Cette garantie est corroborée par le fait que la flotte d’avions de combat des Forces aériennes suédoises est constituée exclusivement de Gripen. Savoir si la société Saab produira des avions Gripen d’un type plus évolué reste une question ouverte. Il en va d’ailleurs de même pour les autres fabricants européens d’avions de combat.

 

Pourquoi n’a-t-on pas mieux utilisé le choix du type d’appareil comme levier en matière de politique étrangère ?

Les effets du choix du type d’appareil sont trop limités pour obtenir des concessions dans d’autres dossiers. L’évaluation se base sur l’hypothèse que des critères techniques et financiers sont déterminants. De plus, les gouvernements des Etats soumissionnaires ne sont éventuellement pas en mesure de régler ce problème à leur niveau. Enfin, tenter de remporter des concessions peut avoir l’effet inverse à celui recherché si le choix se porte finalement sur un produit concurrent.

 

Des constructeurs peuvent-ils soumettre de nouvelles offres ?

Le Conseil fédéral a choisi le type d’avion après une longue évaluation approfondie et systématique. Tout comme Saab, Dassault et EADS ont eu la possibilité, par quatre fois et de manière officielle, d’actualiser leurs offres respectives avant que la décision ne soit prise concernant le type d’appareil retenu. Ils ont donc eu largement la possibilité de formuler des prix les plus concurrentiels possible. L’offre de Saab fournit, et de loin, le meilleur rapport coûts / prestations, tant au niveau de l’acquisition que des coûts d’exploitation pour une durée de vie calculée sur 30 ans. Le remplacement partiel du Tiger doit en effet respecter des critères économiques, à l’instar de toutes les autres activités étatiques. Il n’y a donc aucune raison de revenir sur la décision prise. Les constructeurs ne sont pas incités à faire de nouvelles offres sur lesquelles il ne serait pas possible d’entrer en matière. Le droit en vigueur pour les marchés publics ne permet pas de prendre en compte une nouvelle offre en cours de procédure.

 

Quel est le niveau de sécurité des systèmes de communication du Gripen E ?

Les systèmes de communication sont absolument sûrs. L’un des grands avantages du Gripen E par rapport à d’autres avions de combat est son double système de transmission des données. La liaison de données est chiffrée au niveau national (TAU-Link). Ce système n’est utilisé que pour l’échange de données au sein des formations Gripen et représente ainsi une redondance extrêmement précieuse sur le plan tactique. Le Gripen E dispose en outre du système interopérable de transmission de données de l’OTAN (Link 16) dont sont également équipés les 32 F/A-18 des Forces aériennes suisses et le système radar suisse FLORAKO.

Le système de communication de l’entreprise américaine Rockwell Collins qui a été choisi pour le Gripen E est hermétique aux intrusions de tiers. En effet, la certification finale en matière de sécurité de tous les systèmes du Gripen E relève des experts de la Protection des informations et des objets (PIO) appartenant au DDPS. Le TAU-Link est protégé par une clé cryptographique nationale. Les clés qui seront utilisées dans les Gripen E suisses seront établies par la Suisse.

 

Le Gripen n'a qu'un seul réacteur – un inconvénient ?

La présence d’un seul réacteur n'est pas un critère important pour les milieux spécialisés. Par exemple, le JSF F-35, dont le développement arrive bientôt à son terme, est un monoréacteur. Même s'il n'existe aucune sécurité absolue, il est attesté que la déjà haute fiabilité des réacteurs a encore considérablement augmenté au cours des dernières années. Par ailleurs, en terme d'entretien et de consommation de kérosène, un seul réacteur est plus avantageux que deux. Certes, comparé au biréacteur F/A-18, le Gripen E est moins puissant avec son seul réacteur. Toutefois, le temps n'est plus à la puissance des réacteurs, mais bien plutôt à celle des missiles et du radar. Et sur ce point, le Gripen E est supérieur.

 

La Suisse ne veut pas acheter de Gripen biplaces. Mais cela ne serait-il pas important pour la formation des pilotes ?

Pour assurer la formation des pilotes, il n’est pas nécessaire de disposer de biplaces, des simulateurs suffisent. Ces derniers sont compris dans le prix d’achat. A noter que les simulateurs sont moins coûteux que les biplaces. Autre avantage, ils ne génèrent pas de nuisances sonores.

 

Le Gripen E générera-t-il plus, ou moins de bruit que le F-5 Tiger ?

Le Gripen E sera à peu près aussi bruyant que le F/A-18 et générera ainsi un peu plus de bruit que le F-5 Tiger.

 

Alternatives

 

Pourquoi ne pas envisager l’acquisition de F/A-18C/D d’occasion ?

La production du F/A-18C/D, en l’occurrence l’appareil que la Suisse possède en 32 exemplaires, a cessé depuis des années. Comme l'acquisition de F/A-18 C/D d'occasion en bon état était à l'origine la solution privilégiée, le DDPS a fait le tour des pays qui exploitent aussi ce type d'appareil. Aucun F/A-18 C/D n'est actuellement disponible dans les délais souhaités. Par ailleurs, il aurait fallu entièrement réviser des F/A-18A/B d’occasion et remplacer leurs systèmes obsolètes. Le rapport prix/prestations aurait été moins bon et les risques plus élevés que dans le cas de l’acquisition d’avions de combat neufs.

 

Ne peut-on pas augmenter la valeur combative du Tiger-F5 ?

Techniquement, il serait possible d’améliorer le Tiger F-5 de telle sorte qu’il puisse encore être engagé pendant 15 ans et continuer d’apporter sa contribution au service de police aérienne. Les frais de trans-formation pour 30 appareils s’élèveraient à environ un milliard de francs. Par rapport à une nouvelle acquisition, ce montant est trop élevé si on tient l’compte des performances moindres et de la durée de vie plus courte de ces appareils.

 

Pourquoi ne pas avoir évalué des avions de combat américains ?

Le F/A-18E/F constitue un perfectionnement du F/A-18C/D, mais cet avion de combat est plus grand et plus performant. Son fabricant (la société Boeing) a refusé de participer à l’évaluation. Le Joint Strike Fighter (F-35) arrive trop tard sur le marché pour la Suisse. Le F-22 Raptor, quant à lui, a été développé afin d’atteindre une efficacité opérationnelle maximale. Les Forces aériennes des Etats-Unis elles-mêmes n’en ont acheté qu’un petit nombre pour des raisons financières.

 

Les drones ne constituent-ils pas une alternative ?

Un appareil sans pilote, fût-il de la dernière génération, ne saurait encore remplacer des avions de combat et leurs équipages ; il pourrait tout au plus être engagé en complément. La présence d’un pilote à bord est incontournable dans le cadre du service de police aérienne afin de garantir la pertinence des décisions prises. En général, un appareil armé sans pilote ne peut pas remplir une palette de missions aussi variées qu’un avion de combat classique. Et un appareil armé sans pilote n’est pas forcément moins cher.

 

Les missiles sol-air ne constituent-ils pas une alternative ?

Les missiles sol-air ne peuvent être engagés que pour abattre des objets volants, et non pour les identifier, les avertir, les refouler ou les obliger à se poser. Ils sont donc inutilisables dans le cadre du service de police aérienne, car, hors du cas de guerre, abattre simplement un objet volant qui refuse de coopérer ne représente pas une option acceptable. Enfin, il est aussi impossible de rétablir les capacités minimales recherchées dans les domaines de la reconnaissance aérienne et du combat air-sol (attaque au sol).

 

Des hélicoptères ou des avions légers armés ne constituent-ils pas une alternative ?

Les hélicoptères et avions légers armés sont trop lents pour suivre des jets civils de ligne, pour ne pas mentionner les avions de combat. Les hélicoptères et avions légers ne volent en outre pas assez haut. Et ils ne sont pas équipés de radars air-air permettant d’identifier d’autres objets volants. Enfin, on a pu constater que même les hélicoptères de combat sont très vulnérables aux tirs depuis le sol.

 

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