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La conseillère fédérale et ministre des sports Viola Amherd reçoit les athlètes médaillés

Le 17 décembre 2019, la conseillère fédérale Viola Amherd a accueilli les sportifs d’élite médaillés aux championnats d’Europe et aux championnats du monde de 21 fédérations sportives. La ministre des sports s’est réjouie de rencontrer ces ambassadeurs du sport suisse et de pouvoir échanger avec eux. Lors de cette manifestation, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Sascha Lehmann, 20 ans, pratiquant l’escalade sportive. Cette discipline figurera pour la première fois au programme des Jeux Olympiques en 2020.

17.12.2019 | Communication DDPS, Tanja Rutti

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La conseillère fédérale Amherd entourée des membres de l’équipe suisse de lutte à la corde, qui ont rapporté cette année de nombreuses médailles des championnats d’Europe à Castlebar (Irlande). Photo : VBS/DDPS Alex Kühni


Sascha Lehmann, vous êtes un athlète accompli et avez remporté des médailles dans votre discipline, l’escalade sportive. Toutes nos félicitations ! Quelle a été votre plus belle victoire jusqu’à présent ?

J’ai eu la chance de vivre déjà beaucoup de moments fantastiques. Cela dit, il y en a un qui surpasse vraiment tous les autres : ma victoire à la Coupe du monde devant mon public, à Villars-sur-Ollon. L’ambiance était électrique et le fait de pouvoir fêter cette consécration avec ma famille et mes amis a rendu ce moment encore plus mémorable. À Villars, j’ai atteint un objectif important et je n’oublierai pas cette soirée de sitôt.

L’escalade sportive est pour la première fois au programme des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 ; qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Le fait que mon sport devienne une discipline olympique compte énormément pour moi. Cela veut dire que l’escalade sportive est un sport en vogue et que le niveau ainsi que le degré de professionnalisme ont fortement augmenté ces dernières années. Par sa décision, le CIO a reconnu que la grimpe est un sport pratiqué dans le monde entier. L’intérêt médiatique devrait également augmenter dans les années à venir ; en tant qu’athlètes professionnels, il nous sera donc plus facile de réaliser nos objectifs. J’espère juste que l’esprit sportif ne souffrira pas de cet intérêt accru. Je me réjouis déjà de la remise des premières médailles olympiques pour l’escalade sportive et c’est avec impatience que j’attends de voir comment notre sport évoluera.

Les championnats d’Europe, en mars prochain, seront votre dernière chance d’obtenir un ticket pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Pensez-vous pouvoir décrocher ce ticket ?

Les championnats d’Europe s’annoncent passionnants. Je sais que j’ai le niveau et que je peux obtenir le dernier ticket pour les JO 2020. Cependant, d’autres sportifs sont également très bons ; il faut aussi avoir une certaine dose de chance pour aller à Tokyo. Comme le ticket est attribué en fonction du classement dans les différentes sous-disciplines, de petites erreurs peuvent avoir un impact considérable. Mon but sera de prendre du plaisir à grimper. Si j’arrive à fournir l’effort nécessaire au bon moment, alors j’ai de grandes chances de me qualifier pour les JO 2020.

Nous vous tenons en tout cas les pouces. Comment vous préparez-vous à une telle compétition ? Avez-vous prévu un programme d’entraînement spécifique pour les championnats d’Europe ?

Je me préparerai aux championnats d’Europe comme à toute autre compétition majeure. Ce qui change, c’est que je devrai être au top dans les trois sous-disciplines, car le combiné importe pour le ticket des JO 2020. Je dois donc me préparer en suivant un entraînement très diversifié. En janvier, je vais faire du fitness et de la musculation. En février, je me concentrerai de nouveau sur la technique de grimpe et, grâce à l’entraînement déjà effectué, je pourrai améliorer mes performances en salle. Enfin, en mars, je m’entraînerai plus spécifiquement pour la compétition à proprement parler.

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La ministre des sports et Sascha Lehmann, 20 ans, recrue sportif d’élite et escaladeur sportif, avec sa médaille de bronze obtenue aux derniers championnats d’Europe. Photo : VBS/DDPS Alex Kühni


Vous avez commencé votre carrière comme gymnaste aux agrès. Vu votre succès en tant qu’escaladeur sportif, vous avez dû abandonner la gymnastique. Cette décision a-t-elle été difficile ? Votre passé de gymnaste vous a-t-il facilité les choses ?

La décision de me concentrer sur l’escalade n’a pas été si facile à prendre, car j’aimais beaucoup la gymnastique. Cela étant, pour passer à la gymnastique artistique et espérer atteindre le plus haut niveau, j’étais déjà presque trop vieux. Même si parfois je me demande ce que serait ma vie maintenant si j’en avais décidé autrement, je n’ai jamais regretté mon choix. La gymnastique m’a bien aidé pour l’escalade car elle m’a permis de connaître mon corps, d’accroître ma souplesse et de gagner en force.

Quelle est votre sous-discipline préférée ?

J’ai une préférence pour l’escalade de difficulté (lead climbing). Ce qui est intéressant, c’est que l’on ne dispose que d’une tentative pour exécuter des mouvements complexes. De plus, il faut être très combattif et prendre les bonnes décisions malgré la fatigue. Dans cette discipline, je peux me concentrer uniquement sur mon corps et sur mes mouvements et ainsi avoir le sentiment d’être dans le « flow ».

Quelles sont les particularités physiques requises pour pratiquer l’escalade au plus haut niveau ?

Il est important d’être en excellente forme physique. Les mouvements sont très variés et il faut être paré pour tous les cas de figure. L’escalade fait appel à tous les muscles du corps humain. Pour l’escalade de vitesse et le bloc, la force maximale et la force explosive sont très importantes ; en escalade de difficulté, ce sera avant tout l’endurance-force.

Avez-vous le vertige ?

Non, je n’ai jamais eu le vertige. J’aime être en hauteur. Cela ne signifie pas pour autant que je prends des risques inconsidérés. Je suis tout à fait conscient que de petites erreurs peuvent être lourdes de conséquences.

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Sascha Lehmann en action sur un mur de grimpe lors des Mondiaux à Innsbruck. Photo : ©vladekzumr.com

L’escalade sportive

L’escalade sportive fera sa première aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Le Comité international olympique a décidé en août 2016 d’intégrer l’escalade libre au programme olympique. La compétition se déroulera comme un combiné, avec l’escalade de vitesse, le bloc et l’escalade de difficulté. En escalade de vitesse (speed climbing), l’objectif est de faire l’ascension d’une voie le plus rapidement possible. Cette pratique sportive a lieu aussi bien sur des falaises naturelles que sur des murs artificiels (le plus souvent sous forme de compétitions). Le bloc (ou boulder en anglais, signifiant « rocher ») est une forme d’escalade sans corde ni baudrier, pratiquée sur des rochers, des falaises ou des murs de grimpe artificiels, à une hauteur permettant de sauter sans risque de blessure. En escalade de difficulté (lead climbing), le but est faire l’ascension d’une voie en un temps limité avec le moins de chutes possible et de dépasser ce faisant ses concurrents.