« Sécurité de l’information : la nécessité d’une communication claire »
Elizabeth O’Sullivan est responsable de la sécurité de l’information chez swisstopo, au même titre qu’un de ses collègues. Dans cet entretien, l’Irlandaise d’origine nous parle de son quotidien au travail, de l’importance d’une communication claire et de la place des femmes aux postes de direction.
À quoi ressemble votre quotidien en tant que responsable de la sécurité de l’information chez swisstopo ?
Mon travail est très varié. Avec mes collègues, j’organise notamment des formations Awareness au cours desquelles nous sensibilisons les collaborateurs et collaboratrices à la sécurité de l’information. Nous leur présentons les règles à respecter ainsi que les situations du quotidien dans lesquelles il faut faire preuve d’une vigilance particulière. Nous mettons l’accent sur les attaques par hameçonnage, que nous analysons et évaluons ensemble à l’aide d’exemples concrets.
Quelles sont les autres tâches qui relèvent de votre domaine de compétence ?
Les processus de sécurité font également partie de mon domaine de compétence. Avec l’aide des responsables techniques, j’évalue le niveau de protection requis pour les données : de hautement confidentielles à accessibles au public. Cela me permet ensuite de rédiger des analyses des besoins de protection. Par ailleurs, je travaille aussi dans le domaine de la gestion des vulnérabilités. Dans ce cadre, je collabore étroitement avec l’OFCS et les utilisatrices et utilisateurs finaux afin d’identifier les failles et d’en accompagner la résolution.
Sur quelle tâche vous concentrez-vous actuellement ?
Actuellement, la recertification selon la norme ISO 27001 occupe une partie considérable de mon temps. Il s’agit du système de management de la sécurité de l’information (SMSI) que tous les offices fédéraux sont tenus d’utiliser. Swisstopo a déjà une certification, mais doit la renouveler en septembre 2026. Nous vérifions donc que nos processus sont à jour, documentés et respectés au quotidien.
Qu’appréciez-vous particulièrement dans votre travail ?
J’apprécie avant tout la collaboration avec des personnes très différentes issues de domaines de spécialité variés. La plupart n’ont pas de lien direct avec l’informatique ou la sécurité de l’information, et c’est précisément ce qui rend mon travail si passionnant. La diversité des tâches, des échanges et des interlocuteurs et interlocutrices rend chaque journée unique. De prime abord, la sécurité de l’information n’est pas toujours bien accueillie, car elle ajoute de nouvelles contraintes. Cependant, quand nous expliquons que c’est une question de sécurité et d’intérêt collectif, la contrariété fait place à la compréhension. Par ailleurs, j’aime pouvoir échanger avec les autres offices fédéraux.
Quelles sont les qualités les plus importantes pour votre fonction ?
L’ouverture d’esprit et la persévérance sont essentielles pour échanger avec les différents partenaires : on se heurte parfois à des a priori négatifs lors du premier contact, mais il faut continuer et ne pas le prendre personnellement. Une partie essentielle de mon travail consiste à faire le lien entre la sécurité de l’information et les domaines spécialisés, et à vulgariser des exigences complexes. Une communication claire et précise joue dès lors un rôle décisif, ce qui représente parfois un défi pour moi, car l’anglais est ma langue maternelle et je n’ai appris le français et l’allemand que dans un second temps. C’est pourquoi je mets un point d’honneur à m’exprimer de manière claire et intelligible dans les langues officielles.
Y a-t-il un thème qui vous tient plus à cœur que les autres ?
Oui, bien sûr. Je suis très sensible à la place qu’occupent les femmes dans la sécurité de l’information, en particulier dans les postes de direction. Encore aujourd’hui, ce domaine reste très masculin et la gent féminine est sous-représentée à l’échelon des cadres. Il est important pour moi de soutenir les jeunes femmes et de les encourager. J’espère que mon expérience professionnelle pourra contribuer à faciliter l’accès à certaines professions et à ouvrir de nouvelles perspectives.
Portrait
D’origine irlandaise, Elizabeth O’Sullivan vit en Suisse depuis bientôt 22 ans. Elle a étudié les sciences politiques avec le français et l’italien comme langues étrangères, ainsi que l’économie d’entreprise. Après plusieurs expériences dans le marketing et chez SAP en Allemagne, elle s’oriente vers la sécurité de l’information en passant par différentes fonctions au sein de l’administration fédérale. Elle rejoint swisstopo en juillet 2025 et y travaille depuis en tant que responsable de la sécurité de l’information. Elle consacre son temps libre à l’histoire contemporaine, aux expositions d’art, à la culture espagnole et aux échanges avec autrui.

