Conseiller fédéral Martin Pfister

Chères concitoyennes, chers concitoyens,
Votre intérêt pour le Département fédéral de la défense, de la population et des sports (DDPS) me réjouit. Ayant repris la direction de ce département depuis avril 2025, je constate à quel point ses tâches sont exigeantes et diversifiées.
Dans quelle direction ai-je l’intention de conduire le DDPS en ces temps troublés? S’agissant de la politique de sécurité, la situation s’est sensiblement et durablement déteriorée, et la guerre est de retour en Europe. La raison du plus fort domine tant sur le plan militaire que sur le plan économique, et des systèmes autoritaires mettent la démocratie sous pression. L’ordre mondial, qui reposait sur des règles depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, se dégrade sensiblement. Le droit international et les organisations internationales sont ouvertement ignorés. Cette évolution met la Suisse dans une situation difficile, car notre petit État dépend fortement des règles internationales et de leur respect.
Afin de répondre à ces nouveaux besoins, nous devons donc réexaminer quelles sont nos responsabilités. Pour moi, il est essentiel de ne pas se contenter d’assurer la sécurité de la Suisse, mais de la renforcer activement. Tel est mon objectif: le DDPS doit agir résolument, améliorer la capacité de défense de notre pays et se tenir prêt à prendre des décisions difficiles lorsque la sécurité de la population l’exige. L’armée doit être moderne, prête à l’engagement et fiable – constituant ainsi un bouclier solide derrière lequel les gens peuvent s’abriter. Les acquisitions doivent être à la fois un instrument stratégique et un moteur. Nous avons besoin de matériel, d’équipements et d’infrastructures, et tout cela doit arriver au bon moment où nous en avons besoin. Pour moi, il s’agit d’un engagement fondamental à l’égard de toutes les personnes qui accomplissent leur service en faveur de notre armée de milice. De plus, il est essentiel d’identifier les menaces suffisamment tôt. Dans ce contexte, nos services de renseignement doivent fournir d’énormes prestations. J’aimerais donc leur donner les conditions dont ils ont besoin pour nous protéger.
La confiance est un point qui me touche particulièrement. Or, c’est par une attitude transparente et responsable, par l’écoute et l’action, que nous pouvons l’obtenir. J’aimerais que toute personne ou entité amenée a coopérer avec nous puisse considérer le DDPS comme un partenaire fiable – que ce soit la population, le monde politique, notre personnel ou des tiers. Nous ne pouvons pas créer de la sécurité tout seuls; nous devons agir ensemble. C’est pourquoi je mise sur une étroite collaboration non seulement au sein du Conseil fédéral, mais aussi avec les autres départements, les cantons, les autorités et les partenaires civils. En même temps, nous devons nous positionner intelligemment sur le plan international et respecter nos principes tout en gardant à l’esprit que la sécurité doit désormais être évaluée au delà des frontières. La sécurité est une mission collective. Je veux faire en sorte que nous puissions prendre cette responsabilité ensemble.
Par ailleurs, je constate avec fierté que l’efficacité du DDPS dépasse largement le concept de sécurité au sens étroit. Avec la géoinformation, l’encouragement à faire du sport, la recherche et de nombreuses autres compétences, nous contribuons à unir la société, à galvaniser son esprit d’innovation et à renforcer sa capacité de résistance, autant d’effets que je souhaite rendre encore plus perceptibles.
Quelle est ma vision pour le DDPS? Une structure dotée d’une orientation claire, qui assume ses responsabilités et qui engage son cœur, sa raison et sa volonté au service de la sécurité de la Suisse.
Martin Pfister, conseiller fédéral
