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L’ancien dépôt de munitions de Mitholz

Ehemaliges Munitionslager Mitholz

Aperçu

Le risque d’explosion des restes de munitions se trouvant dans l’ancien dépôt de Mitholz est plus élevé que prévu. C’est la conclusion, en 2018, d’un rapport d’experts mandaté par le DDPS ainsi que d’une expertise rendue par l’Office fédéral de l’environnement. En conséquence, le DDPS, sur mandat du Conseil fédéral, a constitué un groupe de travail composé de représentants de la Confédération, des cantons de Berne et du Valais, des communes de Kandergrund et de Kandersteg ainsi que de l’entreprise ferroviaire BLS. Sa mission : des études techniques complémentaires, des mesures de réduction des risques, un plan d’alarme et d’urgence et des questions juridiques.

Plusieurs dispositions ont déjà été prises, comme l’installation d’un système de mesure et d’alarme ou la réalisation d’études techniques complémentaires dans les domaines géologiques et hydrologiques. Le canton de Berne a en outre élaboré un plan d’urgence.

L’évacuation comme solution efficace

Dans son rapport final, le groupe de travail conclut que seule une évacuation peut permettre d’éliminer définitivement les risques liés aux restes de munitions. Le projet global prévoit le départ de la population ainsi que des mesures préparatoires d’ordre architectural pour la protection des axes routiers et ferroviaires. En l’état actuel des connaissances, les travaux préparatoires et l’évacuation proprement dite prendront au moins vingt ans. Si une évacuation n’est pas possible ou doit être interrompue pour des raisons techniques ou sécuritaires, le projet prévoit une solution de repli consistant à recouvrir les restes de munitions.

Lors de sa présentation, le projet global relatif à l’évacuation a reçu l’approbation des autorités cantonales et communales concernées et d’une grande partie de la population de Mitholz.

L’évacuation complète selon la décision du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral s’est aussi prononcé fin 2020 en faveur de l’évacuation complète. Le DDPS est chargé de planifier concrètement cette évacuation en collaboration avec les services fédéraux concernés et de préparer un message parlementaire, dans lequel il demandera un crédit d’engagement pour financer les mesures à mettre en œuvre.

Des répercussions sur la population

Les travaux d’évacuation des restes de munitions dans l’ancien dépôt de Mitholz ont des répercussions sur la population et sur les voies de communication entre Kandergrund et Kandersteg. Cependant, après la définition de périmètres et de zones dont la dangerosité est échelonnée en fonction du niveau de risque, un plus grand nombre de personnes que prévu pourra rester à Mitholz. En mars 2022, le DDPS a informé les personnes concernées de la zone dans laquelle se trouvaient leurs biens fonciers. L’activité agricole pourra se poursuivre dans certaines parties du village. Par ailleurs, il sera nécessaire de construire des ouvrages de protection pour garantir la circulation sur la route et sur le rail.

Un soutien aux personnes concernées

Le DDPS soutient les gens de Mitholz, indépendamment du périmètre dans lequel ils vivent. S’ils en ont besoin, ils reçoivent de l’aide, notamment pour préparer leur départ et rechercher des solutions concrètes pour l’avenir. Les personnes concernées peuvent aussi faire appel aux offres mises en place par des services spécialisés externes.

Une organisation de projet bénéficiant d’une large assise

Pour la suite des travaux et la réalisation du projet global d’évacuation, le Conseil fédéral a chargé le DDPS de mettre sur pied une organisation de projet. Celle-ci a commencé ses travaux en mars 2021. Son activité porte sur les huit sous-projets suivants : soutien de la population, constructions et aide à la construction, ouvrages de protection pour la route, ouvrages de protection pour le rail, évacuation des restes de munitions, élimination des restes de munitions, planification prévisionnelle et retour de la population ainsi que logistique du matériel et mesures environnementales, auxquels s’ajoutent les thèmes transversaux de la sécurité, de l’environnement et des études techniques. Une commission de coordination et un groupe d’accompagnement ont aussi été constitués. Leur but est d’intégrer dans le projet les personnes directement concernées ainsi que des services communaux, cantonaux et fédéraux et des secteurs comme le tourisme ou la protection de l’environnement.

L’ancien dépôt de munitions de Mitholz

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée a construit un dépôt souterrain de munitions militaires à Mitholz, sur la commune bernoise de Kandergrund. En 1947, une partie des quelque 7000 tonnes brutes de munitions qui y étaient entreposées a explosé, faisant neuf victimes. Par la suite, une autre partie des munitions a pu être évacuée. Selon une estimation, près de 3500 tonnes brutes de munitions, soit plusieurs centaines de tonnes de substances explosives, sont encore enfouies sous les gravats et dans le cône d’éboulis. En 1948, l’évacuation complète des restes de munitions avait été considérée comme trop risquée, essentiellement pour des raisons géologiques. Des évaluations réalisées en 1949 et en 1986 avaient conclu que de nouvelles explosions n’étaient certes pas totalement exclues mais qu’un éventuel incident ne provoquerait que des dommages locaux, se limitant au site lui-même, et que celui-ci pouvait donc continuer à être exploité.

FAQ

Financement

Le 4 décembre 2020, le Conseil fédéral a chargé le DDPS de préparer un message pour l’automne 2022. Cela signifie qu’un crédit d’engagement pour le financement des mesures sera demandé au Parlement.

Le message pour un crédit d’engagement devra également régler le financement des coûts. Dans la phase précédant l’adoption d’un arrêté fédéral pour un crédit d’engagement, des ressources financières sont nécessaires notamment pour l’étude de projet, la mise en œuvre des mesures préalables, les expertises techniques complémentaires et l’acquisition des premiers biens fonciers. Ceux-ci sont financés par le budget du DDPS.

Le DDPS estime les coûts de l'évacuation à quelque 1,5 milliard de francs (état août 2022). Toutefois, c’est l’adoption d’un crédit d’engagement d’un montant probable d’environ 2,5 milliards de francs qui sera soumise du Parlement. Ce crédit englobera des suppléments pour la précision des coûts et les risques liés au projet, étant donné que des incertitudes subsistent quant à l’emplacement exact, à l’état et à la quantité des restes de munitions et aux conditions géologiques et hydrologiques exigeantes. Par ailleurs, le crédit d’engagement comprendra également le renchérissement pour la durée du projet, soit environ 25 ans.

Rail, route et agriculture

Afin de garantir en tout temps l’accès au village pendant les travaux, il est prévu de construire des ouvrages de protection. Pour la route nationale, le Conseil fédéral a retenu la variante du prolongement du tunnel de Mitholz, à savoir la construction d’un ouvrage de protection qui restera en place après la fin des travaux d’élimination des munitions et deviendra une route de contournement. La voie ferrée sera protégée par une galerie, qu’il est prévu de démolir une fois les travaux d’élimination des munitions terminés. Toutefois, des fermetures momentanées de la voie ferrée et de la route nationale ne sont pas exclues pendant les travaux de préparation et d’élimination.

Dans le périmètre de sécurité, une exploitation agricole sera possible à certaines conditions. Le DDPS tiendra compte autant que possible des diverses exigences. Des réglementations spécifiques, propres à chaque emplacement en fonction du degré d’exposition au danger, seront élaborées pour des utilisations agricoles de durée limitée.

Départ et retour de la population

Selon les experts, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures d’urgence visant la population locale. Le canton de Berne a publié des recommandations sur le comportement à adopter dans le périmètre de danger.

Par la définition de périmètres et de zones dangereuses en fonction des risques encourus, une partie de la population peut rester à Mitholz. Néanmoins, comme il ne sera pas possible de séjourner de manière permanente dans la zone dangereuse élargie (périmètre de sécurité), les personnes vivant dans cette zone doivent quitter leurs maisons et s’installer en lieu sûr. La zone dangereuse la plus excentrée est le périmètre d’évacuation, où la vie et l’habitat restent autorisés. La population qui y vit doit toutefois s’attendre à des évacuations temporaires et à d’autres restrictions pendant les travaux d’élimination des restes de munitions.

C’est difficilement envisageable. Les mesures qui seront prises concernent l’ancien dépôt de munitions et les axes de communication.

Biens fonciers et aspects juridiques

Le Conseil fédéral est d’avis que les défis qui se présentent doivent être relevés avec l’ordre juridique en vigueur et les procédures existantes.

L’inventaire de leurs biens fonciers selon le droit de l’aménagement du territoire est assuré aux habitants de Mitholz, aussi au niveau communal, notamment avec la révision partielle du plan d’aménagement local de Kandergrund. Ainsi, il est prévu que les constructions et les installations qui auront dû être démolies en raison des travaux d’élimination ou des mesures de protection seront reconstruites au même endroit ou à proximité au plus tard cinq ans après l’achèvement du projet, si aucun intérêt public ou privé prépondérant ne s’y oppose.

Les bâtiments existants et les bâtiments en remploi peuvent être agrandis dans le cadre du retour de la population selon les règles en vigueur au 1er janvier 2021 si l’apparence du bâtiment est conservée ou rétablie. L’inventaire des bâtiments établi par le DDPS dans le cadre de l’évaluation effectuée en 2021 fait foi.

Les principes sont fixés dans la stratégie sur l’acquisition des biens fonciers à Mitholz. Habiter dans le périmètre de sécurité ne sera pas possible – tous les habitants concernés doivent partir pour la durée des travaux. Le DDPS soumet une offre d’achat aux propriétaires des biens fonciers situés dans le périmètre de sécurité et aux propriétaires dont les biens fonciers sont requis dans le cadre des travaux d’élimination, par exemple pour la construction de protections. Les biens fonciers se trouvant dans le périmètre d’évacuation peuvent continuer à être utilisés. Il faudrait toutefois compter avec de fortes restrictions et nuisances en matière de bruit, de poussière et de vibrations pendant les grands chantiers. Les propriétaires de biens fonciers se trouvant dans le périmètre d’évacuation, qui sont intéressés par une vente en raison de ces nuisances, peuvent demander une offre d’achat au DDPS.

Les propriétaires seront indemnisés équitablement. Le prix d’achat est calculé sur la base de l’évaluation immobilière réalisée en 2021, fondée sur la méthode d’estimation définie dans un manuel d’évaluation spécifique. Si des propriétaires fonciers ou leurs parents en ligne directe avec droit d’habitation doivent déplacer leur centre de vie dans un autre lieu que Mitholz, ils reçoivent des suppléments pour compenser le niveau des prix plus élevé. Ces suppléments peuvent être accordés en plus de l’évaluation et visent à permettre une acquisition en remploi de même rendement à Kandergrund ou dans une commune voisine à l’extérieur de Mitholz. Une indemnité pour inconvénients sera aussi versée en plus pour le déménagement et autres frais en rapport avec l’élimination des restes de munitions se trouvant dans le dépôt de Mitholz.

L’acquisition des biens fonciers a soulevé de nombreuses questions complexes face aux grands défis que posent notamment l’évolution des prix des terrains à bâtir et les coûts de la construction dans la région de Frutigen, mais aussi les conditions de vie des personnes concernées, par exemple sur le plan de la prévoyance vieillesse. D’autres questions concernaient la garantie des états de propriété, la loi fédérale sur le droit foncier rural (LDFR) ou les conséquences fiscales.

En cas d'événement, le DDPS est responsable des dommages causés par l'explosion de munitions. Le périmètre d’indemnisation est désormais basé sur le périmètre d’urgence du canton de Berne.

Selon une première appréciation juridique, il est peu probable à l’heure actuelle que cela puisse faire naître un droit d’être indemnisé pour diminution de la valeur. Néanmoins, en raison de la situation particulière, le DDPS a décidé de verser une compensation annuelle aux propriétaires concernés dans l’attente d’une nouvelle évaluation de la situation. Les compensations sont versées depuis 2020 selon des conventions séparées.

Selon le principe de causalité, la Confédération en tant que propriétaire de l’ancien dépôt de munitions assumera dans certains cas dûment justifiés la perte avérée de loyers, pour autant que celle-ci soit en rapport direct avec la situation actuelle. Tous les biens fonciers se trouvant dans le périmètre d’évacuation ont été évalués par le DDPS et la documentation a été portée à la connaissance des propriétaires d’immeubles. Le DDPS propose à toutes les personnes qui sont propriétaires d’un bien foncier situé dans le périmètre d’évacuation de le leur reprendre. La base d’estimation (manuel d’experts) a été examinée par l’association des propriétaires fonciers, qui l’a estimée généreuse.

Soutien et information

Le DDPS accompagne la population concernée, notamment pour les préparatifs du départ et pour la recherche de solutions concrètes pour l’avenir. Il offre un soutien lorsque les personnes concernées le souhaitent et en ont besoin.

Le DDPS tient beaucoup à ce que les personnes concernées puissent intervenir de la façon qui leur convient le mieux. Il propose à cet effet différents formats de dialogue comme les consultations individuelles ou les grandes réunions d’information. Il entretient aussi un dialogue soutenu avec la commune et la communauté d’intérêts de Mitholz, afin d’inclure les intérêts de la population.

Matthias Matti, responsable de projet partiel de soutien à la population au DDPS leur répond et propose aussi des entretiens personnels.

Évaluation des risques à partir de 2018

Les risques établis par l’évaluation de 2018 ne sont pas dans le domaine de l’acceptable selon les critères de l’ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM) et les Directives sur le concept de sécurité pour la manipulation des munitions et des explosifs (WSUME). Il était important pour le Conseil fédéral et pour le groupe d’experts d’informer au plus vite les autorités et la population locales. Ce fut fait à la fin juin 2018 pour la première fois et depuis lors, régulièrement.

Les experts ont retenu deux scénarios :

  • une tonne d’explosifs, avec une probabilité d’occurrence d’une fois tous les 300 ans : un accident de cette ampleur respecte les dispositions de l’ordonnance sur les accidents majeurs, mais dépasse le seuil fixé dans les directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs.
  • dix tonnes d’explosifs, avec une probabilité d’occurrence d’une fois tous les 3000 ans : un accident de cette ampleur ne respecte les critères ni de l’ordonnance sur les accidents majeurs ni des directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs.

Ces scénarios de risque restent pertinents même après la mise à jour 2020 de l’analyse des risques du DDPS.

Le DDPS a fait appel à deux experts allemands pour un co-rapport (c’est-à-dire en fournissant un deuxième avis) sur la méthode employée. Ils ont étudié les scénarios utilisés, les ont jugés fondés, de même que les déductions qui s’ensuivent. L’estimation réalisée par le DDPS, selon laquelle les risques ne sont pas acceptables pour la population au regard des critères fixés dans l’ordonnance du 27 février 1991 sur les accidents majeurs (OPAM), a été confirmée en avril 2019 par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Autrement dit, l’OFEV considère que l’analyse des risques réalisée par le DDPS est plausible.

La situation des munitions ensevelies dans l’ancien dépôt de Mitholz est des plus complexes. L’organisme allemand mandaté par l’OFEV, le Fraunhofer-Institut, est arrivé à la conclusion qu’il était possible d’envisager aussi un événement plus grave pouvant se dérouler autrement et impliquant une zone de danger répartie différemment. L’expertise du Fraunhofer-Institut envisage notamment un scénario avec une charge allant jusqu’à vingt tonnes de TNT, alors que l’analyse du DDPS se fondait sur un scénario prévoyant une charge de TNT de dix tonnes au maximum.

En février 2020, le DDPS a organisé un atelier avec des experts internationaux dans les domaines de l’analyse des risques et de l’élimination des munitions. Des enquêtes complémentaires ont été menées sur l’azoture de cuivre et la probabilité de propagation en cas d’explosion des restes de munitions. En outre, diverses inspections ont permis de préciser l’emplacement présumé des munitions. Sur la base de ces conclusions, le groupe d’experts du DDPS a mis à jour l’analyse des risques.

Le groupe d’experts du DDPS estime que le risque d’événement équivalent à dix tonnes TNT est aujourd’hui nettement moindre qu’en 2018, parce que la probabilité de propagation dans l’amalgame de munitions et de roches existant est plus faible qu’attendu. Toutefois, le risque ne peut pas être exclu. En raison des incertitudes qui subsistent, notamment en ce qui concerne l’emplacement des munitions dans certaines parties du tunnel ferroviaire souterrain qui s’est effondré, le DDPS applique le principe de précaution en se fondant sur l’évaluation la plus prudente. Les risques seront réévalués périodiquement pendant la suite des travaux.

Un événement plus grave ne semble pas réaliste dans l’état actuel des connaissances. L’analyse des risques se fonde sur des hypothèses prudentes. Les experts du DDPS penchent pour des événements de moindre envergure.

Non, la situation est moins critique sous les éboulis que dans l’ancienne galerie ferroviaire où se trouvent de grandes quantités de restes de munitions. Sous le cône d’éboulis, on suppose que l’accumulation est moindre.

Évaluation des risques avant 2018

À 1986. À l’époque, lors de travaux de construction effectués pour la Pharmacie de l’armée, au moins une évaluation qualitative avait été réalisée par un physicien de l’ancien Groupement de l’armement, qui avait conclu à l’absence de danger pour la nouvelle installation. Il est impossible de savoir sur quoi il appuyait cette conclusion, car tant lui que ses supérieurs, qui devaient connaître la situation, sont décédés entretemps.

Lors des réflexions autour de la construction d’un centre de calcul – un bâtiment particulièrement sensible aux secousses –, il a été jugé utile de faire une nouvelle évaluation des risques avec l’aide d’experts externes. Ceux-ci ont effectué des investigations sur place et une analyse historique. La plausibilité de leurs résultats a été confirmée par des experts allemands. Une analyse des risques a été publiée d’abord dans un rapport intermédiaire le 27 avril 2018, puis dans le rapport final du 27 septembre 2018.

Entretemps, les possibilités et les méthodes d’évaluation se sont bien améliorées. De plus, les dispositions légales sur la gestion des risques ont été renforcées. Cela signifie que l’évaluation de la situation n’est plus la même aujourd’hui qu’autrefois.

Selon le rapport d’experts mis au net du 9 février 1948 et du 14 juillet 1949, la commission en place à l’époque avait estimé qu’il n’était pas question d’entreposer à nouveau des munitions dans les anciennes chambres aménagées à cet effet à Mitholz. La commission d’experts avait considéré que les munitions restantes dans le tunnel ferroviaire ne représentaient qu’une source de danger résiduelle, confinée au site, et qu’un éventuel incident ne provoquerait que des dommages légers à l’installation. Elle avait donc décidé que le site de Mitholz pouvait continuer d’être utilisé comme dépôt de matériel, atelier ou hôpital souterrain.

En 1986, lors des travaux de construction pour la Pharmacie de l’armée, le Groupement de l’armement avait procédé à au moins un examen qualitatif du site. Il avait estimé que les restes de munitions ne constituaient pas un danger. Les critères sur lesquels le Groupement de l’armement s’était appuyé pour son avis du 14 février 1986 ne sont toutefois pas connus. Le groupe d’experts actuel n’a en effet retrouvé aucun autre document ni calcul datant de cette époque.

Jusqu’en 2017, on avait admis que le danger pour les parties de l’ouvrage encore utilisées et notamment les risques pour les environs étaient faibles. Toutefois, lorsqu’il a été question, en 2017, de construire un centre de calcul, des questions se sont de nouveau posées au sujet du risque, notamment celle de savoir quelle serait son évaluation dans l’état actuel des connaissances. Une nouvelle évaluation des risques a donc été commandée.

Généralités sur l'ancien dépôt de munitions de Mitholz

L’ouvrage de Mitholz a été construit pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans une vallée étroite au lieu-dit « in der Fluh » (arête).

L’installation n’a plus été utilisée pour stocker des munitions. Depuis l’accident et jusqu’à nos jours, elle a servi de cantonnement et de réserve pour la Pharmacie de l’armée.

Les restes de munitions de l'accident de 1947 se composent de munitions de petit calibre, d’obus d’artillerie de divers calibres et de bombes pesant moins de 50 kg.

Effets sur l’entreposage des munitions en Suisse

Différents dépôts de munitions ont connu des accidents, en particulier dans les années d’après-guerre. Les restes de munitions ont été évacués en majeure partie. Voici une liste actuelle des sites contaminés :

Installation  Accident  Type d’ouvrage Héritage
Ebikon am Rotsee 1916  Magasin de munitions en surface et site d’essai pour grenades à main (dépôt pour 15 000 grenades à main) Des grenades restantes ont été éliminées en les immergeant dans le Rotsee ; 765 ont été récupérées en 1979, et 350 de plus en 2000
Uttigen 1943  Magasin de munitions en surface Quelques munitions (en faible quantité)
Ruis 1946  Installation dans la roche Non
Dailly 1946  Ouvrage d’artillerie Non
Mitholz 1947  Installations dans la roche, avec station ferroviaire de chargement en caverne Grandes quantités de munitions
Göschenen 1948  Installation dans la roche Non
Saignelégier 1987  Dépôt de munitions en surface Munitions isolées, en petites quantités
Susten Steingletscher 1992  Installation dans la roche Quantités trop réduites pour causer un accident majeur et un danger pour l’environnement

Pour en savoir plus : Sols et sites contaminés.

Non, car toute détonation spontanée peut être pratiquement exclue comme l’ont montré des vérifications approfondies réalisées en 2012 (Communiqué de presse du 03.02.2012) Ces munitions ont été en partie larguées par bateau dans différents lacs de Suisse, sans emballages. Elles ne sont donc pas concentrées en un point comme c’est le cas à Mitholz. Elles sont désormais recouvertes d’une couche de vase et ainsi préservées des influences externes (telles que l’oxygène).

Pour de plus amples détails, consulter Munitions immergées dans les lacs préalpins.

Non. Aujourd’hui, les conditions de stockage des munitions n’ont plus rien à voir avec celles de l’époque. Elles sont soumises à un processus de suivi strict conduit par le domaine Sciences et technologie d’armasuisse. En outre, les dépôts de munitions répondent aux critères techniques actuels et disposent d’une évaluation de sécurité par site, tenant compte des conditions locales.

Les caractéristiques de stockage des munitions sont aujourd’hui les suivantes :

  • les détonateurs sont stockés séparément des munitions ;
  • les détonateurs sont protégés par plusieurs systèmes de sécurité ;
  • les conditions de stockage (température, humidité) font l’objet d’une surveillance permanente ;
  • les munitions comme les dépôts de munitions sont conformes à l’état actuel de la technique.

Tous les sites sont soumis à des analyses des risques.

Certaines informations concernant les sites militaires sont dignes de protection. L’endroit où se trouvent les dépôts de munitions, par exemple, n’est pas rendu public pour des raisons de sécurité. En cas d’événement, les organisations d’urgence civiles et militaires sont informées par un dispositif de gestion des incidents classifié.

En partie. Cependant, une analyse des risques doit dans tous les cas démontrer que les critères de sécurité sont respectés, conformément  à l’ordonnance sur les accidents majeurs et aux directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs (WSUME, abréviation en allemand). Tout dépôt mal situé a été si possible fermé ou son utilisation fortement réduite.

Les critères de sécurité fixés par l’ordonnance sur les accidents majeurs sont respectés et par les directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs (WSUME, abréviation en allemand). Des experts (internes et externes) vérifient à intervalles réguliers les bases techniques et les critères de sécurité des directives WSUME, et continuent de les développer. Ces bases et ces critères correspondent au niveau technologique et scientifique actuel et sont validés au niveau international.

Communiqués

Étapes

Étapes

État : septembre 2022
Étape Date
Séances d’information de la population périodiquement
Décision du Conseil fédéral concernant le message avec crédit d'engagement à l'attention du Parlement jusqu'à fin 2022
Procédures de consultation et de participation en lien avec la fiche de coordination Mitholz du plan sectoriel militaire 2 mai - 17 août 2022
Engagement d'une nouvelle organisation de projet pour la planification du concept global d'évacuation 1er janvier 2021
Rapport de publication du groupe de travail Mitholz, rapport « Evaluation des variantes de Mitholz », analyse des risques DDPS 2020 7 décembre 2020
Décision du Conseil fédéral d'évacuer les restes de munitions dans l'ancien dépôt de munitions de Mitholz et d'informer la population de Mitholz 4 décembre 2020
Clôture du projet d'évaluation des variantes  fin 2020
Publication du rapport sur la participation de la population à Mitholz sur les effets de l'évacuation 25 juin 2020
Publication du rapport d’experts sur l’analyse des risques DDPS 2018 (rapport final des experts) 27 septembre 2018
Mandat de réévaluation des risques à l’ancien dépôt de munitions de Mitholz Fin 2017

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Im Dezember 1947 explodieren im Munitionslager der Schweizer Armee in Mitholz grosse Teile der eingelagerten Munition. 9 Menschen verlieren ihr Leben, es gibt Dutzende von Verletzten zu beklagen, über 40 Häuser werden beschädigt, in der Folgezeit müssen 20 Liegenschaften neu aufgebaut werden. Gesamtschaden: rund 100 Millionen Franken – eine damals horrende Summe. Die Fragen nach der Unglücksursache konnte bis heute nicht eindeutig geklärt werden.

Im Anschluss an die Explosion wurden zwei Kommissionen mit der Aufarbeitung der Katastrophe beauftragt: Kommission I hat sich mit der technischen, Kommission II mit der administrativen Untersuchung befasst. Ihre Erkenntnisse haben die Kommissionen in Berichten dargelegt.

Es war 1940, als die Direktion der Eidgenössischen Bauten ein Projekt für ein unterirdisches Munitionslager im Kandertal in Auftrag gab. Während des 2. Weltkriegs entstanden so am Standort «Fluh» in Mitholz sechs unterirdische Munitionskammern von je 150 m Länge und 8,5 m Breite. Das Munitionslager war geheim – einer der Gründe, weshalb nach dem Unglück von 1947 nur spärlich Informationen zum Unfallstandort an die Öffentlichkeit gelangen.

Im Laufe der Zeit wurden in Mitholz verschiedene Ausbauprojekte realisiert und die Anlage als Armeeapotheke und Truppenunterkunft genutzt. Andere Vorhaben wie ein Militärspital oder eine Abfüllanlage für medizinische Flüssigkeiten kamen nicht über die Planungsphase hinaus.

VBS

Im Zuge der technischen Abklärungen zur Räumung des ehemaligen Munitionslagers Mitholz hat die ETH Zürich im Auftrag des VBS ein Gutachten zum Konzept einer «Verkapselung» der Munitionsrückstände erstellt. Das Gutachten kommt zum Schluss, dass mit diesem Konzept weder die Munitionsrückstände sicher eingeschlossen, noch der Durchfluss von Wasser ausgeschlossen werden kann. Damit ist das Konzept keine Alternative zur vorgesehenen Räumung der Munitionsrückstände.

VBS

Am 8. Oktober 2018 veröffentlichte das VBS die vollständige Risikoanalyse zum ehemaligen Munitionslager Mitholz. Gemäss diesem Expertenbericht besteht ein höheres Risiko bei einer weiteren Explosion von Munitionsrückständen als bisher angenommen. Die Analyse entspricht einer sogenannten Historischen Untersuchung (Studium der vorhandenen Akten und Begehungen vor Ort), die nun durch Technische Untersuchungen (Analysen der Munition, der Geologie, etc.) verifiziert wird. Die Risikoanalyse wurde vom Bundesamt für Umwelt überprüft.

Bereits kurz nach dem Unglück 1947 verfassten Spezialisten aus Wissenschaft und Verwaltung ausführliche Berichte, in denen das Risiko hingegen noch anders eingeschätzt wurde.

BAFU

Am 15. April 2019 veröffentlichte das Bundesamt für Umwelt (BAFU) als Fachstelle des Bundes für die Störfallverordnung (StFV) seine Beurteilung der VBS-Risikoanalyse des ehemaligen Munitionslagers Mitholz. Darin bestätigt es die Einschätzung des VBS: Das Risiko für die Bevölkerung ist nicht akzeptabel.

Beurteilung der Risikoanalyse

Das Explosionsunglück von Mitholz 1947 hat schon damals grosses Interesse in der Öffentlichkeit und den Printmedien geweckt.

2017, anlässlich des 70. Jahrestages, thematisierten die Medien die Explosionskatastrophe erneut. Ein Buchprojekt und ein Dokumentarfilm zu Mitholz sind in Planung, und der Berner Heimatschutz, Regionalgruppe Thun Kandertal Simmental Saanen hat eine Vortragsreihe durchgeführt, die weitum auf grosses Interesse gestossen ist.

Am 27. Juni 2018 hat der Bundesrat das VBS beauftragt, eine Arbeitsgruppe zu bilden.Einsitz in dieser haben diverse Stellen genommen: die betroffenen Bundesstellen sind genauso vertreten wie Akteure des Kantons Bern, die betroffenen Gemeinden Kandergrund und Kandersteg sowie die BLS Netz AG als Betreiberin der nahegelegenen Bahnstrecke.

Die Arbeitsgruppe steuert die erforderlichen Arbeiten und koordiniert die Aktivitäten der involvierten Partner, damit möglichst rasch und umfassend Klarheit über das weitere Vorgehen geschaffen werden kann.

Vidéos

Survol de Mitholz par un drone

09.03.2022 : Point de presse

23.09.2021: Avancement des travaux et mesures de soutien à la population

Conférence de presse du 28 juin 2018

Photos

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