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« Les avions de combat seront financés avec le budget ordinaire de l’armée »

Pour le financement des nouveaux avions de combat et d’un système de défense sol-air de longue portée, une hausse modérée du budget de l’armée suffit déjà. La progression réelle prévue de 1,4 % par an est inférieure à la croissance moyenne enregistrée par la Confédération, relève Marc Siegenthaler, chef des ressources au DDPS, dans l’entretien qu’il nous a accordé.

13.10.2021 | Communication DDPS

Marc Siegenthaler

 

Monsieur Siegenthaler, huit milliards de francs pour de nouveaux avions de combat et un nouveau système de défense sol-air de longue portée. Pourquoi avons-nous besoin de ces acquisitions?
Marc Siegenthaler: La Suisse a besoin de nouveaux avions de combat et d’un nouveau système de défense sol-air de longue portée si elle veut préserver la capacité de protéger sa population des menaces venant de l’espace aérien après 2030. Les moyens actuels prennent de l’âge ou présentent des lacunes que le Conseil fédéral entend combler. Il est clair que l’acquisition d’avions de combat et d’un système de défense sol-air représente beaucoup d’argent, mais la protection de la population est à ce prix. Sans ces moyens, la Suisse ne peut se défendre contre des attaques aériennes ni assurer la protection de conférences internationales ou le service quotidien de police aérienne. Il s’agit donc d’une question vraiment essentielle, celle de savoir si la Suisse veut une armée capable de protéger les gens qui résident et travaillent dans le pays.

Comment la Suisse va-t-elle réunir ces huit milliards de francs?
Dans les arrêtés pris jusqu’à présent, le Conseil fédéral a déjà décidé d’un modèle de financement, sans oublier les autres domaines de l’armée. Nous n’avons pas seulement besoin de huit milliards de francs pour la protection de l’espace aérien ; des acquisitions urgentes sont en attente pour d’autres domaines de l’armée. Nous parlons ici de sept milliards de francs supplémentaires, soit des investissements de quinze milliards de francs en tout, répartis sur une dizaine d’années et pour une durée d’utilisation estimée à environ trente ans. L’armée peut réserver chaque année environ un milliard de francs sur son budget actuel pour des investissements de ce type. Cela fait dix milliards de francs en dix ans. Pour les cinq milliards restants, le Conseil fédéral est disposé à augmenter le budget de l’armée. Une progression annuelle réelle de 1,4 %, soit une hausse modérée de ce budget, permet déjà de réunir les cinq milliards manquants en l’espace de dix ans.

Ne restera-t-il que des miettes pour les autres domaines de la Confédération?
Non. La croissance du budget de l’armée reste inférieure à la croissance générale attendue pour le budget global de la Confédération. L’armée se voit accorder chaque année une progression réelle de 1,4 %. Le modèle de financement adopté comporte un grand avantage : comme il se base sur le budget ordinaire de l’armée, les autres domaines d’activité de la Confédération peuvent se développer comme il se doit.

En résumé, huit milliards de francs pour l’espace aérien et sept milliards de francs pour les activités au sol. Va-t-on s’en tenir à ces montants?
Les décisions correspondantes ont déjà été prises : pour le système de défense sol-air de longue portée, par le Conseil fédéral, et pour le nouvel avion de combat, également par le Parlement et le peuple. En conséquence, il incombe maintenant au DDPS de planifier ces acquisitions avec un volume de financement maximal de huit milliards de francs. En ce qui concerne les sept milliards de francs pour les investissements dans d’autres domaines de l’armée, il convient de préciser que l’armée a déjà dû fixer des priorités.

Qu’entendez-vous par là?
En fait, il faudrait procéder à des investissements de l’ordre de dix milliards de francs pour le remplacement complet des systèmes au sol et des systèmes de conduite au cours de la prochaine décennie. Ces systèmes arrivent au terme de leur durée d’utilisation. Ce sont des systèmes principaux de l’armée, à savoir le char de combat Leopard, tous les véhicules spé-ciaux du génie et de l’artillerie basés sur le char de grenadiers M-113, les véhicules d’exploration 93 et la flotte complète de chars de grenadiers à roues Piranha. En outre, des investissements sont requis dans les camions, dans d’autres véhicules spéciaux et aussi dans les systèmes de conduite et de communication.

Serait-il possible de réduire quelque peu les coûts d’acquisition si le Conseil fédéral renonçait aux affaires compensatoires?
Les affaires compensatoires renchérissent les acquisitions. De combien ? Là est toute la question. Swissmem, l’association faîtière des grandes entreprises de l’industrie, estime que les affaires compensatoires produisent un surcoût de l’ordre de un à cinq pour cent. Mais elles comportent aussi des avantages, car ces affaires renforcent la base industrielle suisse essentielle à la politique de sécurité et à la politique d’armement, tout en apportant des commandes supplémentaires aux entreprises de notre pays. D’une manière générale, les affaires compensatoires permettent aux entreprises d’accéder à des savoir-faire intéressants, favorisent le développement de nouveaux marchés et contribuent ainsi à maintenir des postes de travail en Suisse. Les fabricants des nouveaux avions de combat doivent compenser 60 % de la valeur contractuelle et ceux qui produisent le système de défense sol-air de longue portée 100 % de la valeur contractuelle en confiant des mandats à l’industrie suisse. Ce faisant, ils doivent tenir compte de toutes les régions du pays.

 

Modèle de financement

Modèle de financement pour les acquisitions de l’armée
Modèle de financement pour les acquisitions de l’armée

Vidéo

Comment la Suisse compte financer sa protection contre les menaces aériennes