Réévaluation de la situation à l’ancien dépôt de munitions de Mitholz

Ehemaliges Munitionslager Mitholz

Aperçu

Le rapport intermédiaire élaboré par un groupe d’experts conclut que le risque d’explosion dans l’ancien dépôt de munitions de Mitholz est plus élevé qu’estimé jusqu’alors. Selon le rapport intermédiaire, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures immédiates pour protéger la population locale. Néanmoins, le Conseil fédéral a décidé d’organiser une séance d’information pour les habitants et pour les autorités concernées. Le chef du DDPS, le Conseiller fédéral Guy Parmelin, ainsi que les auteurs du rapport intermédiaire ont organisé ce jour une séance à Mitholz pour informer la population ainsi que les autorités concernées. De plus, le rapport intermédiaire ainsi que divers documents historiques ont été rendus publics dans un esprit de transparence.

Réévaluation des risques

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, un dépôt de munitions militaire souterrain a été construit à Mitholz, sur la commune bernoise de Kandergrund. En 1947, des magasins de munitions y ont explosé, faisant neuf victimes. Quelque 7000 tonnes brutes de munitions étaient entreposées à Mitholz : une partie a explosé, une autre partie a été évacuée, mais selon une évaluation de l’époque, 3500 tonnes brutes, soit plusieurs centaines de tonnes de substances explosives, sont restées sur place. Deux rapports, l’un de 1949 et l’autre de 1986, avaient conclu qu’une nouvelle explosion ne causerait que des dégâts mineurs et que le site se prêtait à une exploitation militaire. Un cantonnement et une réserve de la Pharmacie de l’armée s’y sont donc maintenus jusqu’à nos jours.

La planification d’un centre de calcul à Mitholz a conduit le DDPS à mandater une nouvelle évaluation des risques. Avec l’appui de plusieurs spécialistes du DDPS, une équipe composée d’experts externes a mené les investigations. Un rapport intermédiaire a conclu à un risque plus important que prévu. Des causes extérieures – chute de pierres, effondrement d’un pan de l’installation ou autoallumage entraîné par des restes de munitions enfouis – pourraient provoquer une explosion dans les parties enfouies du dépôt, et causer par conséquent des dégâts à l’installation elle-même ou aux environs. Les experts sont arrivés à la conclusion que le seuil limite fixé par les réglementations sur la manipulation des munitions et des explosifs n’était pas respecté.

Le Conseil fédéral demande la création d’un groupe de travail

Les experts ne voient aucune nécessité de prendre des mesures immédiates pour protéger la population locale, mais ils recommandent de mettre en place des mesures de prévention aux abords du site. Le Conseil fédéral a mandaté le DDPS pour constituer un groupe de travail réunissant des représentants de tous les départements concernés, ainsi que d’autres instances et services intéressés. Brigitte Rindlisbacher, l’ancienne secrétaire générale du DDPS, qui a aussi dirigé le domaine Territoire et environnement du DDPS, assume la direction du groupe de travail. Ces spécialistes seront chargés de réaliser d’autres évaluations (notamment une expertise géologique), de proposer des mesures concrètes pour prévenir les risques dans les environs et de clarifier les répercussions juridiques. Le 15 août 2018, le groupe de travail s’est réuni pour la première fois et a entamé des démarches.

Fermeture du cantonnement

À la demande du chef du DDPS, certaines recommandations des experts qui ne concernent que le DDPS sont déjà réalisées ou en examen. Il s’agit notamment de fermer le cantonnement et la réserve de la Pharmacie de l’armée, qui se trouvent tous deux à proximité immédiate des restes de munitions, et de renoncer à tout nouveau projet sur le site de Mitholz.

Les experts remettront leur rapport complet au cours du deuxième semestre. Le DDPS a été chargé d’informer le Conseil fédéral, tant sur le rapport final que sur la suite de la procédure d’évaluation des risques.

FAQ

Population

Une centaine d’habitants (150 maximum) et une trentaine d’habitations.

Selon le rapport intermédiaire, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures immédiates concernant la population locale. Les travaux prévus (comme des opérations de déblaiement) pourraient toutefois entraîner une évacuation au moins provisoire.

Il est difficilement envisageable de protéger les habitations. Les mesures doivent donc porter directement sur l’ancien stock de munitions. Il revient au groupe de travail de déterminer les mesures à prendre.

Dans le canton de Berne, les dommages aux bâtiments causés par des explosions sont couverts par l’assurance immobilière obligatoire depuis 1971.

La valeur d’assurance, déterminante pour la couverture légale par l’AIB, n’est pas affectée par la réévaluation des risques. Les effets de cette dernière sur la valeur officielle et la valeur vénale doivent encore être déterminés.

Voie ferrée et route

Selon le rapport intermédiaire, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures immédiates de fermeture de la route ou de la voie ferrée. Les travaux prévus pourraient toutefois entraîner une fermeture au moins provisoire.

Évaluation des risques par le groupe d’experts – classification et répercussions

Selon les rapports d’experts du 9 février 1948 et du 14 juillet 1949, la commission d’experts mise sur pied à l’époque a jugé qu’il n’était pas concevable d’entreposer de nouveau des munitions dans les anciennes chambres aménagées à cet effet à Mitholz. On a estimé à l’époque que les munitions restantes, qui étaient toujours entreposées dans le tunnel, représentaient certes une source de danger, mais qu’un éventuel incident ne provoquerait que des dommages légers localement limités. La commission d’experts a établi que l’on pouvait, dès lors, continuer à utiliser le site de Mitholz comme dépôt de matériel, atelier ou hôpital souterrain. 

En 1986, le Groupement de l’armement (GDA) a procédé à au moins un examen qualitatif du site en relation avec les travaux de construction pour la pharmacie de l’armée. Selon lui, les restes de munitions ne constituaient aucun danger pour le projet en question. On ne sait toutefois pas sur quels critères le GDA s’est fondé lorsqu’il a fait cette constatation. L’actuel groupe d’experts n’a en effet trouvé aucun autre document rédigé à l’époque. 

Jusqu’en 2017, on a estimé que ces restes de munitions ne constituaient pas un danger élevé pour les parties de l’ouvrage encore utilisées ou pour les environs. Toutefois, lorsqu’il a été question, en 2017, de construire un centre de calcul à Mitholz, on s’est demandé quel risque ces vieilles munitions représentaient réellement, compte tenu de l’évolution des connaissances. Une réévaluation a donc été faite en collaboration avec des experts externes. Cette évaluation est fondée sur des inspections et sur un examen historique, c’est-à-dire sur l’étude des nombreux documents concernant l’occupation de l’ouvrage avant le drame, les circonstances de ce dernier ainsi que les procès-verbaux de l’évacuation d’une partie des munitions à l’époque. Le rapport intermédiaire relatif à l’appréciation des risques a été publié le 27 avril 2018. Il conclut que les risques sont plus élevés que ce que l’on croyait jusqu’à présent. Les conclusions du rapport ont été confirmées par des experts indépendants venus d’Allemagne. Pour le Conseil fédéral et le groupe d’experts, il était essentiel d’informer aussi vite que possible les autorités, les médias et la population vivant à proximité du site.

Les calculs montrent que les risques dépassent largement le seuil autorisé selon les directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs (WSUME) et qu’ils ne sont pas acceptables au sens de l’ordonnance sur les accidents majeurs (OPAM).

Les experts ont retenu deux scénarios :

  • une tonne de substance explosive : probabilité d’une fois tous les 300 ans
    un événement de cette ampleur respecte les dispositions de l’ordonnance sur les accidents majeurs, mais dépasse le seuil fixé dans les directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs
  • dix tonnes de substance explosive : probabilité d’une fois tous les 3000 ans
    un événement de cette ampleur ne respecte les critères ni de l’ordonnance sur les accidents majeurs ni des directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs.

La planification d’un centre de calcul a nécessité une nouvelle évaluation des risques avec l’aide de spécialistes, qui s’est appuyée sur des investigations sur place et des analyses historiques. La plausibilité des résultats a été vérifiée par des experts venus d’Allemagne. Le rapport intermédiaire a été publié le 27 avril 2018 et le rapport final est attendu pour le deuxième semestre de cette année.  

À 1986. À l’époque, les travaux de construction pour la Pharmacie de l’armée ont fait l’objet d’au moins une évaluation qualitative par un physicien de l’ancien Groupement de l’armement, qui avait conclu à l’absence de danger pour la nouvelle installation. Il est impossible de savoir sur quoi s’appuie cette conclusion, car tant lui que ses supérieurs, qui étaient certainement au courant, sont entre temps décédés.

Pendant ces temps, les possibilités et les méthodes se sont bien améliorées. De plus, les dispositions légales sur la gestion des risques ont été renforcées. Cela signifie, que la situation sur place est évaluée différemment aujourd’hui.

Dans les années d’après-guerre en particulier, différents dépôts de munitions ont connu des accidents. Les restes de munitions ont été évacués en majeure partie. Voici une liste actuelle des sites contaminés :

Lieu Année de l’incident Type d’installation Contamination 
Ebikon am Rotsee 1916  Magasin de munitions hors sol et site d’essai de grenades à main (15 000 grenades d’essai stockées Les grenades restantes ont été immergées dans le Rotsee. 765 grenades à main ont été repêchées en 1979 et 350 autres en l’an 2000.
Uttigen 1943  Magasin de munitions hors sol Quelques munitions (en faible quantité)
Ruis 1946  Installation souterraine dans la roche Non
Dailly 1946  Fort d’artillerie de Dailly Non
Mitholz 1947  Installation souterraine dans la roche avec caverne de chargement par rail Munitions (en grande quantité)
Göschenen 1948  Installation souterraine dans la roche Non
Saignelégier 1987  Dépôt de munitions hors sol Quelques munitions (en faible quantité)
Susten Steingletscher 1992  Installation souterraine dans la roche Quantité trop faible pour provoquer un accident de grande ampleur ou pour représenter un danger pour les environs

Pour de plus amples informations, veuillez consulter le dossier Sols et sites contaminés.

Non, car toute détonation spontanée peut être pratiquement exclue comme l’ont montré des vérifications approfondies réalisées en 2012 (cf. communiqué de presse du 3 février 2012). Ces munitions ont été larguées par bateau dans différents lacs de Suisse sans emballages. Elles ne sont donc pas concentrées en un point comme c’est le cas à Mitholz. Elles sont désormais recouvertes d’une couche de vase et ainsi préservées des influences externes (telles que l’oxygène).

Veuillez consulter le texte Munitions immergées dans les lacs préalpins pour plus de détails.

Non. Aujourd’hui, le stockage des munitions n’a plus rien à voir avec les conditions de l’époque. Il est soumis à un processus et à un suivi stricts conduits par le domaine Sciences et technologie d’armasuisse.

Les stocks de munitions ont les caractéristiques suivantes désormais :

  • les détonateurs sont stockés séparément des munitions à impact
  • les détonateurs sont protégés par deux systèmes de sécurité au moins
  • les conditions de stockage (température, humidité) font l’objet d’une surveillance
  • les munitions sont conformes au niveau technologique actuel
  • les dépôts de munitions sont construits selon les normes technologiques en vigueur et disposent d'une analyse des risques.
  •  

Certaines informations sur des sites militaires comme les dépôts de munitions ne sont pas rendues publiques pour des raisons de sécurité, en particulier l’endroit où ils se trouvent. Les organisations d’urgence civiles comme militaires sont informées par un dispositif de gestion des incidents classé CONFIDENTIEL.

Partiellement. Une analyse des risques a permis de prouver que les critères de sécurité sont respectés, conformément aux directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs (WSUME) et à l’ordonnance sur les accidents majeurs. Tout dépôt mal situé sera fermé dans la mesure du possible et l’occupation fortement réduite.

Les critères de sécurité fixés par les directives sur le concept de sécurité pour la manipulation de munitions et d’explosifs (WSUME) et par l’ordonnance sur les accidents majeurs sont respectés. Des experts (internes comme externes) vérifient à intervalles réguliers les bases techniques et les critères de sécurité selon les WSUME et continuent de les développer. Ils correspondent au niveau technologique et scientifique actuel et sont validés au niveau international.

Deux experts allemands, invités à se pencher sur le concept de mise en œuvre, ont élaboré un co-rapport (deuxième avis) sur le rapport intermédiaire lequel ils confirment l’adéquation aux objectifs et au niveau technologique. Ils ont étudié les scénarios sur lesquels l’analyse se fonde, les ont jugés adaptés et les critères transparents. Toutefois, ils estiment que ces résultats sont provisoires tant que des analyses géologiques et techniques ne sont pas venus les consolider.

Non. La situation est moins critique sous les éboulis que dans les anciennes galeries. L’accumulation y est moindre.

Recommandations des experts

Les experts estiment qu’il n’est pas nécessaire de prendre des mesures immédiates pour protéger la population, mais ils recommandent de prendre des mesures pour abaisser les risques. Le Conseil fédéral a donc mandaté le DDPS pour constituer un groupe de travail en impliquant l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). D’autres recommandations des experts ne concernent que le DDPS. À la demande du chef de département, le Conseiller fédéral Guy Parmelin, elles sont déjà réalisées ou en examen. Il s’agit notamment de fermer le cantonnement et la réserve de la Pharmacie de l’armée, qui se trouvent tous deux à proximité immédiate des restes de munitions, et de renoncer au nouveau projet (de centre de calcul) sur le site de Mitholz.

Groupe de travail

Le groupe de travail a notamment pour tâche de procéder à de plus amples investigations, notamment une expertise géologique, de proposer des mesures concrètes pour prévenir les risques dans les environs et de clarifier les répercussions juridiques.

Le 15 août 2018, le groupe de travail s’est réuni pour la première fois et a entamé des démarches. Brigitte Rindlisbacher, l’ancienne secrétaire générale du DDPS, qui a aussi dirigé le domaine Territoire et environnement du DDPS, assume la direction du groupe de travail. Y siégeront des représentants de tous les départements concernés, ainsi que d’autres instances et services intéressés.

Il est trop tôt pour fixer une date, trop de questions sont encore en suspens. Les informations seront fournies au fur et à mesure.

Ancien dépôt de munitions de Mitholz

L’ouvrage de Mitholz a été construit dans une vallée étroite pendant la Deuxième Guerre mondiale, au lieu-dit « Fluh » (arête).

L’installation n’a plus été utilisée pour stocker des munitions. Depuis l’accident et jusqu’à nos jours, elle a servi de cantonnement et de réserve pour la Pharmacie de l’armée.

Il n’y a plus de munitions à proprement parler depuis l’accident de 1947, mais uniquement des restes de munitions constitués de munitions de petit calibre, d’obus d’artillerie de divers calibres et de bombes pesant moins de 50 kg.

Nein, die Anlage Mitholz ist am 25. Juni 2018 vom Chef der Armee aus dem Verzeichnis der militärischen Anlagen gestrichen worden und unterliegt nicht mehr diesen Schutzvorschriften.

Étapes

Étapes

Situation en août 2018
Étape Date
Rapport final du groupe d’experts 2e semestre 2018
Le groupe de travail commence à travailler 15 août 2018
Fermeture du cantonnement et de la réserve de la Pharm A Déjà mis en œuvre ou en cours
Information de la population 28 juin 2018 puis à intervalles réguliers
Demande de création d’un groupe de travail par le Conseil fédéral 27 juin 2018
Mandat de réévaluation des risques à l’ancien dépôt de munitions de Mitholz Fin 2017 

Communiqués

Documents

Tous

Vidéos

Conférence de presse du 28 juin 2018

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À qui peut s’adresser la population locale en cas de question ?
Tél.
+41 58 464 50 58


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