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Terrorisme (Mai 2020)

Les personnes à risques

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) publie régulièrement le nombre de cas traités dans le cadre de sa mission de prévention du terrorisme. En mai 2020, le SRC a enregistré 57 personnes à risques et 92 voyageurs du djihad. Le nombre de cas traités par son monitoring du djihad est passé de 640 novembre 2019 à 670 en mai 2020.

Le terme de « personnes à risques » désigne les individus qui, aujourd’hui, représentent un risque élevé et une menace prioritaire pour la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse. Le nombre de personnes à risque se monte actuellement à 57 (67 en novembre 2019). Parmi elles figurent des djihadistes et des individus qui soutiennent ou encouragent toutes formes de terrorisme.

Les personnes à risques sont recensées par le SRC selon une combinaison de critères très précis, une référence concrète à la violence étant décisive. Toutes les personnes à risques font l’objet d’un signalement à l'Office fédéral de la police (fedpol) et au Ministère public de la Confédération. Le SRC traite ces cas en coordination avec les cantons et les autorités concernés et met en œuvre les mesures de prévention qui entrent dans son champ de compétence. La liste des personnes à risques fait l'objet d'une évaluation constante, les cas qui ne sont plus pertinents n’étant plus recensés par le SRC.

Monitoring du djihad: le nombre de cas traités passe de 640 à 670

Dans le cadre de la prévention du terrorisme, le SRC procède également à un monitoring des sites Internet publics ainsi que des médias et des forums sociaux spécifiques utilisés par les djihadistes. Depuis 2012 et jusqu'à ce jour, 670 internautes (640 en novembre 2019) ont été repérés par le SRC après avoir diffusé en Suisse ou à partir de notre pays du matériel prônant l’idéologie djihadiste, ou en se connectant avec des personnes en Suisse ou à l’étranger qui défendent les mêmes idées. Lorsque des éléments indiquent qu’une personne s’est radicalisée, le SRC peut, dans le cadre de son mandat légal, organiser des auditions préventives et demander des mesures relevant du droit des étrangers, telles que des interdictions d’entrée en Suisse, des expulsions, des révocations du statut de séjour et des signalements de recherches de personnes. Lors de soupçons d’actes répréhensibles, le SRC transmet ces cas aux autorités de poursuite pénale.

Voyageurs du djihad : stabilisation à 92 cas

Dans le cadre de la prévention du terrorisme, le SRC procède depuis 2001 au recensement et au suivi opérationnel des cas de Suisses s'étant rendus en zone de djihad. Ces chiffres sont par conséquent cumulatifs. La collaboration avec les autorités cantonales et fédérales (Ministère public de la Confédération, Département fédéral des affaires étrangères, offices fédéraux de la justice, de la police, Secrétariat d'Etat aux migrations, gardes-frontières, etc.) est étroite et permanente.

Le nombre de voyageurs motivés par le djihad qui, partis de Suisse, ont été ou sont actuellement dans des zones de conflits s'est stabilisé à 92 cas (le même nombre depuis février 2019). Depuis 2001 et jusqu’à aujourd’hui, 77 départs ont été recensés vers la Syrie et l’Irak, 14 vers la Somalie, l’Afghanistan et le Pakistan, et un aux Philippines. Certains de ces voyageurs sont encore sur place ou passent d'une zone de conflits à une autre et 32 personnes sont décédées. Le nombre des retours se monte à 16. Parmi les 92 cas figurent 30 personnes détentrices de la nationalité suisse (dont 17 binationaux). Le SRC ne fournit pas d’autres indications sur l’identité, l’âge, la nationalité ou le domicile de ces personnes.

Parmi les voyageurs du djihad qu'il a recensés, le SRC estime à une douzaine le nombre de femmes ayant un lien avec la Suisse s'étant rendues en Syrie ou en Irak. Par ailleurs, le SRC estime que sept enfants ayant au moins un parent au bénéfice de la nationalité suisse se trouvent actuellement en zones de conflits. Ces enfants ne sont toutefois pas comptabilisés dans la statistique globale. Selon le SRC, une vingtaine de voyageurs du djihad au bénéfice de la nationalité suisse (hommes, femmes et enfants) se trouveraient actuellement dans la zone de conflits irako-syrienne. En raison de l'instabilité politique qui règne dans la région, ce chiffre pourrait toutefois encore être amené à évoluer. 

Publication deux fois par an

Jusqu'en mai 2019, le SRC publiait les chiffres des voyageurs du djihad à un rythme trimestriel. En raison de leur stabilité – le SRC n'a enregistré aucun départ vers la zone de conflits irako-syrienne depuis 2016 –, ces chiffres sont désormais publiés deux fois par année (en mai et en novembre), en même temps que le nombre de personnes à risques et que les chiffres du monitoring du djihad.

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