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En moyenne, sur trente F/A 18, la moitié est disponible pour l’engagement

Les Forces aériennes disposent encore de trente F/A-18. C’est avec cette petite flotte qu’elles doivent assurer la protection de l’espace aérien et la formation des pilotes et du personnel au sol (professionnels et miliciens). Pour ce faire, la flotte est gérée de façon centralisée par l’équipe de gestion d’exploitation des avions (NSF) d’Urs Wüst à Dübendorf.

25.07.2017 | Communication Défense

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Le décollage de deux F/A-18 de la Base aérienne d’Emmen ou de celle de Payerne pour un engagement de police aérienne est l’aboutissement de plusieurs mois de planification. En effet, à l’image d’un puzzle, il s’agit de « caser » le plus judicieusement possible trente avions en fonction des besoins des escadrilles d’engagement, de l’instruction des pilotes, des écoles et des cours, des modules de formation à l’étranger, des programmes de mise à niveau et des travaux d’entretien périodiques effectués aux Forces aériennes et externalisés chez RUAG Aviation à Emmen. Urs Wüst, chef NSF, explique : « Notre planification commence au mois de juin de l’année précédente, avec la concrétisation du tableau des écoles et des cours. » Cependant, la situation évolue en permanence, au gré des événements : « Toute perte d’appareil a de lourdes conséquences. Lorsqu’un avion manque à l’appel et que le nombre d’heures de vol à effectuer reste le même, la planification s’en ressent. » Depuis 2013, les Forces aériennes ont perdu trois F/A 18 dans des crashes, soit 10 % de la flotte. Le temps est aussi un facteur déterminant : « Si la météo est mauvaise pendant l’instruction au vol de nuit Nightway en Norvège, il peut manquer, selon le nombre d’engagements annulés, jusqu’à deux cents heures de vol au programme, et cela se répercute sur la gestion des échéances. » De même, les avions peuvent rester cloués au sol un certain temps en raison de problèmes techniques imprévus.

Entretien et mises à niveau

Les contrôles périodiques, appelés maintenance, sont les jalons autour desquels s’articule la planification de la flotte. Un F/A-18 doit être soumis à la maintenance après cinquante heures de vol. Ce service peut être exécuté par les Forces aériennes et prend environ trois heures. Le contrôle des cent heures dure cinq jours et celui des deux cents heures jusqu’à onze ou douze jours. Après trois cents heures de vol, les Hornet séjournent à Emmen, chez RUAG Aviation, jusqu’à dix semaines, et même jusqu’à treize semaines après six cents heures de vol. Le nombre de places chez RUAG Aviation est en outre restreint. Etant donné les heures de vol effectuées à l’année, sept avions au minimum sont, de tout temps, simultanément en maintenance. En marge de ces contrôles périodiques, jusqu’à six avions sont immobilisés en même temps en raison des programmes de mise à niveau. Urs Wüst explique : « Lorsque nous aurons terminé la mise à niveau de la structure en décembre 2017, le prototype de la mise à niveau de la structure II sera déjà sur le métier. En plus de ça, le projet de prolongation de la durée d’utilisation impactera également la disponibilité de la flotte en raison de périodes d’arrêt supplémentaires ». Mais les avions restants ne sont pas non plus tous disponibles pour l’engagement, car, ajoute-t-il : « Nous utilisons les systèmes réels pour l’instruction dans les écoles de recrues et de sous-officiers, à partir de 2018 tout au long de l’année avec le double début d’ER, et pour former le personnel supplémentaire nécessaire à la troisième et à la quatrième phase du projet de service de police aérienne 24h/24 (PA24). »

Le projet PA24 permettra de réaliser en quatre étapes la disponibilité opérationnelle permanente avec deux avions armés prêts à décoller en l’espace de quinze minutes maximum. La première étape a été réalisée en 2016 : les avions étaient prêts à être engagés du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h, pendant cinquante semaines. Cette disponibilité opérationnelle est étendue à 365 jours dès 2017. A partir de 2019, les avions seront prêts à intervenir de 6 h à 22 h. Et à la fin de 2020, ils seront disponibles 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Dans le peloton de tête mondial

Qu’en est-il actuellement de la disponibilité en temps normal des F/A-18 suisses ? Ces derniers sont-ils vraiment trop peu nombreux ? Urs Wüst est confiant : « En comparaison internationale, nous faisons très bonne figure. » En effet, avec deux cent vingt heures de vol par avion et par année, la Suisse caracole en tête des huit nations exploitant des F/A-18. Le second pays en lice atteint tout juste entre cent trente et cent quarante heures de vol. Quant au taux de disponibilité, il est également élevé, à environ 50 %. « A ce sujet, il faut noter que notre méthode de calcul diffère de celle des autres pays. Nous nous basons sur l’ensemble de la flotte de trente avions et nous comptabilisons ensuite ceux d’entre eux qui sont au service de vol, alors que d’autres nations soustraient de l’effectif les avions immobilisés pour les grands contrôles et les mises à niveau », précise Urs Wüst. Le taux d’utilisation exceptionnel des appareils permet d’effectuer le nombre d’heures de vol requis. Cependant, une utilisation intensive de la flotte affecte grandement sa durée d’utilisation globale.

Flexibilité structurelle et réactivité

Que se passe-t-il lorsque des impondérables font chuter la disponibilité en dessous du niveau requis ? « En cas d’urgence, nous pouvons généralement engager des avions supplémentaires en l’espace d’une journée », précise Urs Wüst. « Il est possible d’accélérer les réparations, de rappeler des appareils en programme d’essais chez armasuisse ou d’attribuer aux escadrilles ceux qui sont utilisés pour l’écolage. » Cependant, chaque changement de dernière minute occasionne des décalages dans les échéances, ce qui peut avoir des conséquences à moyen ou long terme : « Nous devons toujours anticiper pour ne pas créer aujourd’hui un problème qui nous rattrapera dans un ou deux ans sous la forme d’une collision d’échéances. » Il est entendu qu’en temps de crise ou de tensions ouvertes, la disponibilité de la flotte peut être encore accrue . Mais en temps normal, une utilisation sûre et propice à ménager le matériel et les coûts est prépondérante.