Crash d’un F/A-18 dans la région du Susten : résultats intermédiaires de l’enquête

Berne, 06.09.2016 – L’enquête en cours au sujet du crash du F/A-18 dans la région du Susten a montré que le service de la sécurité aérienne de la base de Meiringen avait communiqué au pilote une altitude de vol trop basse pour l’espace aérien spécifié. Il s’agit à présent d’étudier l’influence d’une telle indication sur l’accident en établissant les faits et non, pour l’heure, en visant des personnes en particulier.

Les comptes rendus de ces derniers jours au sujet du crash du F/A-18 dans la région du Susten ont incité la justice militaire à vouloir clarifier les faits. L’administration des preuves par le juge d’instruction militaire a permis d’arriver aux premières conclusions suivantes :

Lundi 29 août 2016, peu après 16h, une patrouille composée de deux avions de combat F/A-18 monoplaces s’est envolée de la base de Meiringen à un intervalle d’une quinzaine de secondes en direction de l’est. Son but était de rejoindre l’espace au-dessus du Sustenhorn et du Dammastock, où un exercice de combat aérien devait avoir lieu avec un F-5. La région du Susten se trouvait alors dans les nuages, et faute de visibilité, la patrouille s’est envolée aux instruments et non à vue, ce qui implique que le second pilote (trailer) suivait le premier (leader) à l’aide du radar de bord, sans que les deux avions aient la possibilité d’établir un contact visuel direct.

Quelques minutes après le décollage, le second pilote a perdu le contact radar avec son leader. L’enquête porte justement sur la cause de cette coupure. A ce moment-là, le second pilote se trouvait encore en phase initiale de montée, et sa progression était surveillée par le service de la sécurité aérienne de la base de Meiringen, qui est assumé par Skyguide sur mandat des Forces aériennes. Le pilote a demandé au contrôleur de la circulation aérienne à Meiringen de lui indiquer l’altitude de franchissement à laquelle il pouvait poursuivre son vol. Il a ainsi respecté les règles en vigueur dans le cas d’une rupture par contact radar. Le contrôleur aérien lui a alors indiqué une altitude de 10 000 pieds (soit 3’050 mètres environ) avant de transmettre dans la foulée le guidage de l’avion au service de sécurité aérienne à Dübendorf, raison pour laquelle le pilote a réglé sa fréquence radio sur ce dernier.

Peu après, le contact radio a été rompu avec le deuxième pilote. Il s’est avéré ensuite que l’avion s’est écrasé dans la région de Hinter-Tierberg à une altitude de 3’300 mètres environ, coûtant la vie à son pilote de 27 ans, dont le siège éjectable ne semble pas avoir été actionné.

Comme l’enquête l’a montré, l’altitude transmise par le contrôleur aérien était inférieure à l’altitude minimale de sécurité prévue pour cet espace, soit 14 300 pieds (ou 4’360 mètres environ). L’enquête va chercher à déterminer la raison de cette indication et l’influence de celle-ci sur la suite des événements, ainsi que le lien entre la réaction du pilote à cette communication et l’accident.

A ce jour, aucun indice n’a été retrouvé qui fasse penser à une défaillance technique ou qui permette d’établir un lien quelconque avec l’installation radar de la base aérienne de Meiringen. Il s’agit d’une appréciation provisoire des preuves, en vue d’établir les faits et non de viser certaines personnes. C’est pourquoi l’enquête continue d’explorer toutes les pistes plutôt que de se concentrer sur des faits isolés. Il est encore trop tôt pour retenir certaines variantes du déroulement des événements et établir la cause de l’accident.

Il semble que le système enregistreur de paramètres ne soit pas à même de fournir des données utilisables, une circonstance qui devra elle aussi faire l’objet de plus amples éclaircissements. Dès lors, il ne faut pas attendre d’issue à cette enquête avant la fin de l’année.

Adresse en cas de questions

Tobias Kühne, porte-parole de la justice militaire
Tél. 058 464 70 13

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