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Étude «Sécurité»: avant la crise du coronavirus, l’avenir était envisagé avec optimisme

Berne, 29.06.2020 – Publiée une fois par an, l’étude « Sécurité » menée par l’Académie militaire (ACAMIL) et le Center for Security Studies, tous deux implantés à Zurich, porte sur des thèmes en lien avec la sécurité et sa politique. Cette année, elle a été réalisée juste avant que la pandémie de COVID-19 se déclare en Suisse et a montré que la population suisse continuait de porter un regard optimiste sur l’avenir. Pendant la crise du coronavirus, l’ACAMIL a mené une autre étude, indépendante de la première, affichant un regain d’intérêt pour l’Armée suisse.

Tous les ans, l’Académie militaire (ACAMIL) et le Center for Security Studies, tous deux implantés à l’EPF de Zurich, interrogent quelque 1200 personnes, femmes et hommes confondus, sur des thèmes en lien avec la politique extérieure, la politique de sécurité et la politique de défense. Cette année, le sondage a été réalisé juste avant l’émergence de la pandémie. Il montre qu’en janvier, 95 % des interviewés se sentaient encore globalement en sécurité. Concernant les perspectives d’avenir pour la Suisse, 86 % des avis étaient positifs contre 13 % de prévisions pessimistes. Quant à l’évolution de la situation politique au niveau mondial, 72 % des personnes interrogées se sont montrées pessimistes, comme en 2019, un résultat qui contraste avec l’optimisme affiché pour notre pays.

Confiance élevée envers les institutions

Depuis des années, la confiance envers les institutions en Suisse est élevée. Pourtant, en 2020, et pour la première fois depuis 2009, aucune institution n’a enregistré un gain de confiance significatif. La police figure en haut de l’échelle, conservant 7,9 points sur 10, bien que reculant statistiquement de 0,1 point. Les médias sont en perte de vitesse : ils obtiennent 5,4 points (  0,4 pt). Les partis politiques enregistrent aussi une baisse de confiance avec un score de 5,4 points (  0,2 pt).

Débat autour de la nécessité d’avoir une armée

77 % des personnes interrogées estiment que la Suisse doit disposer d’une armée (2019 : 79 %). La raison principale avancée est la défense (44 %). Les prestations de sécurité viennent en deuxième position avec 43 %, répartis comme suit : 30 % pour l’aide en cas de catastrophe, 8 % pour la protection de la population et 5 % pour l’appui aux manifestations sportives ou de grande ampleur. 23 % considèrent que l’armée n’est pas une nécessité. Cette appréciation se fonde principalement sur une mise en doute de son efficience (44 % des personnes jugeant que l’armée n’est pas nécessaire).

Niveau élevé des connaissances en politique de sécurité

Une autre thématique abordée par l’étude portait sur l’état des connaissances des Suissesses et des Suisses sur l’armée et la politique de sécurité. 45 % des personnes interrogées ont su d’emblée dire que la défense relevait de la responsabilité de Mme la conseillère fédérale Viola Amherd, 30 % connaissaient le budget annuel actuel de l’armée (5 milliards) et 47 % ont déclaré avoir déjà entendu parler du développement de l’armée (DEVA).

Nouveau sondage prévu après la pandémie de coronavirus

Les études « Sécurité » sont régulièrement réalisées depuis 1991. L’institut de sondage LINK a collecté les données de « Sécurité 2020 » entre le 6 et le 24 janvier 2020. Durant cette période, 1227 personnes issues du corps électoral de Suisse alémanique, de Suisse romande et du Tessin ont été interrogées par téléphone. L’erreur d’échantillonnage est estimée à ±2,9 %.

Compte tenu des circonstances particulières dues à la pandémie, l’ACAMIL réalisera par ailleurs cet été un sondage complémentaire. Plusieurs questions de l’étude « Sécurité 2020 » seront à nouveau posées, le but étant de relever les effets, directs et indirects, de la crise du COVID-19 sur la position de l’électorat suisse en regard des questions de sécurité et de politique de sécurité

Autre étude : regain d’intérêt pour l’armée

Indépendamment de l’étude « Sécurité », la chaire de sociologie militaire de l’ACAMIL mène des recherches sur le thème « Médias sociaux en tant que canaux de communication de l’Armée suisse ». Dans cette étude, des personnes de 15 à 60 ans résidant en Suisse ont été interrogées dans le cadre d’un sondage représentatif en ligne sur leur perception et leur appréciation de l’Armée suisse. Cette année, le sondage a eu lieu en avril, c’est-à-dire au pire moment de la crise du coronavirus, d’où un feedback en temps réel sur l’engagement CORONA de l’armée.

Les résultats obtenus auprès des 1246 personnes interrogées montrent que, pendant cette crise (situation extraordinaire), un nombre sensiblement plus élevé de personnes qu’à l’habitude (76 %) ont considéré que l’Armée suisse était nécessaire. Il s’agit là d’une augmentation significative par rapport aux deux années précédentes où la même question avait aussi été posée en ligne (2019 : 66 % ; 2018 : 64 %). En outre, au cours de la période de la pandémie, 82 % des personnes interrogées étaient d’accord avec la déclaration selon laquelle l’Armée suisse épaule les autorités civiles (2019 : 70 % ; 2018 : 71 %). La satisfaction éprouvée pour les services rendus par l’armée au moment de cette crise était sensiblement plus élevée qu’à l’accoutumée : cette année, 63 % de satisfaction contre 52 % l’année précédente et 53 % en 2018. Ainsi, en avril, 69 % de la population a déclaré avoir une grande, voire une très grande, confiance en l’Armée suisse (2019 et 2018 : 61 %) et 66 % une haute, voire très haute, estime d’elle (2019 : 58 % ; 2018 : 56 %).

Toutefois, le positionnement des personnes interrogées reste statistiquement le même que les deux années précédentes en ce qui concerne les assertions selon lesquelles l’Armée suisse protège le pays et sa population, apporte son aide en cas de catastrophe et contribue à la promotion militaire de la paix. L’erreur d’échantillonnage est estimée à ±2,8 %. Dans cette étude aussi, c’est l’institut LINK qui a collecté les données.

Informations complémentaires

Adresse en cas de questions

M. Tibor Szvircsev Tresch
Rédacteur en chef des études « Sécurité » / chargé d’enseignement en sociologie militaire
+41 58 484 82 32
+41 79 333 22 51
Tibor.Szvircsev@vtg.admin.ch

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